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Inter CDI : Revue des centres de documentation et d’information (CDI) de l’enseignement secondaire public, privé et agricole en France

Inter CDI N°154 - Spécial littérature de jeunesse - Documentalistes et littérature de jeunesse.
Juillet - Août 1998

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Un article complet extrait de ce numéro :
Avant-propos - Tour d’horizon : Documentalistes et littérature de jeunesse pour le plaisir ?

Éditorial

Une révolution silencieuse
Michel Mouillet

Avant-propos

Tour d’horizon : Documentalistes et littérature de jeunesse pour le plaisir ?
Christian Loock, PRCE, Université de Lille 3, IUFR Idist (59)

Que seraient les CDI sans la littérature de jeunesse ? Entre le Club des Cinq et l’Étranger, il arrivait dans les CDI d’autrefois que la transition manque de douceur ! Depuis, la littérature de jeunesse a peu à peu comblé les interstices et s’est installée en maître sur les rayonnages, au point d’en avoir chassé les classiques et, au moins pour un temps, les séries. Si les documentalistes des collèges ont si spontanément adopté la littérature de jeunesse, c’est qu’elle était associée dans leur esprit à toutes sortes de plaisirs : plaisir de lire, plaisir de partager, plaisir de s’autoriser parfois à “faire l’enfant”. Aujourd’hui, la littérature de jeunesse a gagné les classes et figure aux programmes de l’enseignement du français. Une consécration pour les pionniers et en même temps une réticence : il va falloir partager !
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Numéro spécial

Dossier : documentalistes et littératures de jeunesse
Claude Viry

1- La littérature de jeunesse et les CDI aujourd’hui

La littérature de jeunesse, domaine privilégié des documentalistes,
Catherine Gentile

La littérature de jeunesse, ou pour la jeunesse, est l’un des domaines privilégiés des documentalistes. Ce sont eux qui, depuis une vingtaine d’années, l’ont introduite dans les CDI, l’ont diffusé largement auprès des jeunes lecteurs et des professeurs de français. Le temps n’est pas si lointain où les livres pour les enfants étaient considérés par les enseignants comme de la littérature négligeable : rien ne valait les "grands auteurs", ceux des programmes.

Documentaliste et bande dessinée,
Agnès Deyzieux

Documentaliste et bande dessinée... S’il existe une association de mots incongrue, c’est bien celle-ci ! Quelle drôle d’alliance, monstrueuse pour certains collègues, impossible simplement pour d’autres... Tentons de voir ensemble les raisons d’une telle dysharmonie et essayons d’envisager - si cela est possible - les cadres d’une entente fructueuse. Je m’appuierai pour cet état des lieux sur une petite enquête menée auprès des CDI parisiens et sur mon expérience en tant que formatrice en matière de bande dessinée. Même s’il semble enfoncer des portes ouvertes, cet article aura peut-être l’intérêt de nous questionner, à travers le statut de la bande dessinée au CDI, sur le rôle du documentaliste en faveur de la lecture.

Plaisir des yeux, magie du métier,
Sandrine Leturcq

Un colis vient d’arriver... Vite, vous cherchez vos ciseaux, coupez fébrilement les liens du carton et en ouvrez les battants. Vous saisissez le premier livre, vous caressez d’une paume et d’un œil admiratif cette couverture toute neuve. Vous le feuilletez puis le reposez, avide d’en saisir un autre et puis un autre et encore un autre... Ce plaisir-là, le fil des ans ne l’a toujours pas diminué. Et s’il était encore contagieux ?

Animations

Questions d’animation,
Anny Bocquet

Dès lors que le rôle du documentaliste n’est pas réduit à une "distribution gratuite de livres qu’il a préalablement conditionnés", dès lors que l’on considère le livre comme un objet ne pouvant s’animer seul sur une étagère, l’animation autour du livre au CDI devient une mission éducative et une obligation morale.

Le Salon du livre de jeunesse de Valenciennes,
Monique Cattiaux et Denis Dammaretz

Un salon de plus, direz-vous ? Oui, mais celui-ci est particulier. Il a été créé par des documentalistes... Il dure depuis neuf ans et il a, chaque année, davantage de succès. Les 14, 15 et 16 mai 1998, le 9e Salon du Livre de Jeunesse de Valenciennes ouvrait ses portes au public. Cela fait donc neuf ans que ce projet se concrétise, neuf ans que des documentalistes auront gagné leur pari : mettre en valeur les livres et la lecture auprès de la jeunesse. C’est parce que nous, documentalistes et professeurs de disciplines, avons la conviction qu’"une jeunesse qui ne lit pas est une jeunesse mutilée", qu’une jeunesse qui ne lit pas est privée des outils de sa liberté, de sa réflexion et de son épanouissement, que nous avons pensé et voulu cette manifestation culturelle et que nous sommes heureux, chaque année d’y consacrer effort et travail.

Activités autour du Salon de Valenciennes,
José Francès

Une des particularités de ce salon est, nous l’avons vu, d’être organisé, dès l’origine, par des documentalistes. Il est donc naturel que cette manifestation soit étroitement liée aux établissements scolaires du secteur et aux CDI. Chaque établissement - ils sont une trentaine - "exploite" le salon suivant ses besoins et ses objectifs pédagogiques. Nous verrons ici deux possibilités d’exploitation en collège et en lycée professionnel.

J’aime pas lire ; bibliothécaires en herbe,
Élisabeth Coppin-Mortreux

Comment briser le silence de ceux qui se retranchent obstinément derrière cette toute petite phrase fermée à double tour ? Comment donner le goût de lire aux élèves qui boudent au pied d’une étagère ?

Lire pour une rencontre avec Thierry Lenain,
Ariane Lecarpentier

Fait banal en collège nous étions confrontées à une classe de sixième peu affamée de lecture. Devant ce constat, dès le premier trimestre, la documentaliste a impulsé avec la mise en place d’un rallye-lecture une amorce d’appétit pour des feuilles non volantes. Il ne restait plus qu’à rebondir, et à deux, oser imaginer la rencontre avec un écrivain...

CDI Passion

Une particularité bourguignonne,
Armelle Pénard et Dominique guihard

Ma vie chez les vampires,
Susie Morgenstern

Quand on me pose la question : "Pourquoi écrivez-vous pour la jeunesse ?", je ne sais pas précisément la réponse, mais je peux répondre que je ne suis pas trop mal tombée dans ce "créneau" car les enfants sont les meilleurs lecteurs du monde, et je suis projetée dans une population de documentalistes et de bibliothécaires enthousiastes et passionnés. J’ai beaucoup de chance.

Des collégiens invitent un auteur : un partenariat CDI - Médiathèque réussi,
Fabienne Rondet

Dès mon arrivée au collège Frédéric Mistral en 1996, il m’a semblé judicieux de prendre contact avec la médiathèque municipale. En effet, située à deux pas de l’établissement, de construction plus récente et avec un fonds plus fourni, elle attire de nombreux élèves. J’ai donc rencontré la responsable du secteur jeunesse. Après avoir pris connaissance de nos situations respectives, nous avons décidé de collaborer, pour une meilleure communication entre nos services et un échange sur nos pratiques. Et surtout, nous avons élaboré un projet de promotion du livre auprès des jeunes du collège en particulier les 4e / 3e que nous voyons plus rarement fréquenter les lieux de lecture. Conçue en mai et proposée à nos hiérarchies respectives, l’action a démarré en septembre 1997.

Rentrer en classe : L’expression d’un auteur pour la jeunesse,
Christian Lehmann

Quand les profs attrapent le virus, deux témoignages : Jacques Martin et Denis Fabé

Hommage rendu à un ami documentaliste. Sa voix au téléphone m’a imposé le sujet : "En 84, vous étiez un vieux prof. Racontez comment vous avez rajeuni en une quinzaine d’années". Les docs aussi sont des profs capables d’inventer des sujets sadiques... Seul mon ami pouvait se permettre de me demander de revenir sur un passé si dépassé que dans un premier temps je ne pus que rester coi. Eh quoi ?

Le club-lecture, c’est pas compliqué ! Des élèves racontent

Se former à la littérature de jeunesse

Littérature de jeunesse et Capes de documentation,
Catherine Sevestre

La littérature de jeunesse ne constitue pas un passage obligé de la préparation au CAPES de documentation. Néanmoins, elle forme depuis longtemps un pourcentage non négligeable du fonds des CDI de collège. De plus, elle fait partie désormais des programmes de français au collège. Et, en restant dans la perspective immédiate du concours, certains sujets de l’épreuve sur dossier à l’oral ont pour objet la littérature de jeunesse. Il semble donc plus souhaitable de l’inclure, dans une perspective à la fois de court et de long terme, dans la formation initiale. C’est ce qui est fait dans certains IUFM.

Littérature de jeunesse, moteur de l’interdisciplinarité,
Roselyne Morel

Depuis deux ans, j’anime un stage MAFPEN pour les documentalistes de l’académie de Créteil intitulé "La littérature de jeunesse, moteur de l’interdisciplinarité". À qui s’adresse ce stage ? D’abord aux documentalistes de collège, mais les documentalistes de lycée professionnel et de lycée polyvalent peuvent aussi en tirer profit car un certain nombre de livres, comme chacun le sait, peuvent être qualifiés de "pour 4e / 3e et pour tous". Le stage dure deux jours et il réunit une vingtaine de personnes, documentalistes stagiaires, débutants et chevronnés.

L’Institut international Charles Perrault, un must pour la formation,
Anny Bocquet et Monique Cattiaux

Dans le cadre des formations sur la littérature de jeunesse, on ne peut passer sous silence celles dispensées (certes, payantes) par l’Institut international Charles Perrault. Deux stages depuis ce début d’année nous ont enthousiasmés.

2- La littérature de jeunesse dans l’éducation

Repères

La littérature de jeunesse au fil des ans,
Jacqueline Konrat

Si l’histoire des bibliothèques de jeunesse en France commence après la Guerre de 1914 (création de la bibliothèque de l’Heure Joyeuse, rue Boutebrie à Paris en 1924), la présence des bibliothèques dans les écoles, sous la forme d’armoires-bibliothèques dans chaque classe, avec leurs livres couverts de sévères papiers opaques, a été rendue obligatoire dès 1862. Dans les établissements secondaires, c’est en 1948, au lycée de Pontoise, que sous l’impulsion de Madame Brunschwig, inspectrice d’académie de Paris, s’ouvre la toute première Bibliothèque centrale d’élèves, suivie de beaucoup d’autres dans la dizaine d’années qui suivent, précurseurs des futurs CDI où la littérature de jeunesse trouvera peu à peu sa place.

Les étudiants aussi...,
Julia Bonaccorsi

Littérature de jeunesse - Livres pour la jeunesse,
Séverine Suffys

Pour qu’on puisse parler de littérature, il est nécessaire que l’objet littéraire soit porteur d’une intention d’universalité. Ou plus exactement qu’il manifeste, d’une façon ou d’une autre, cette tension vers l’universel. Ceci pose alors, pour la littérature de jeunesse, une double problématique, celle d’une réduction apparente de l’universel à la jeunesse - qui ne représente en fait qu’une partie de l’univers - et, par conséquent, celle de la façon, exclusive ou inclusive, dont on va traiter cette partie dans le tout. Or la valeur universelle ne se décrète pas mais elle présuppose une relation particulière se construisant du "je" de l’artiste ou de l’écrivain à celui du spectateur ou lecteur, qu’il soit jeune ou adulte.

La littérature de jeunesse dans les manuels scolaires,
Catherine Gentile

Dès les premières rencontres pour préparer ce dossier, il est apparu intéressant de faire une plongée dans les manuels scolaires afin d’y repérer l’apparition de la littérature de jeunesse et la place qu’elle occupe dans les manuels de français. Notre recherche, qui porte sur une trentaine d’années, nécessitait, au préalable, que soit défini clairement ce que l’on entend par littérature de jeunesse.

La Littérature de jeunesse comme support pédagogique

Recension dans les revues Recherches et l’École des lettres des collèges,
Lise Delcambre et Élisabeth Vlièghe

Les documentalistes soucieux de rallier les derniers professeurs récalcitrants à la littérature de jeunesse (espèce fort heureusement en voie de disparition), auront à cœur de faire connaître aux enseignants de français deux revues pédagogiques leaders. Recherches et l’École des lettres/collèges utilisent en effet depuis plusieurs années des ouvrages de littérature de jeunesse comme base d’exercices pour la classe. Qui dit étudié en classe, dit classique, et qui dit classique sous-entend littérature : la querelle pour savoir si la littérature de jeunesse est oui ou non de la littérature est ainsi close. Nous, on le savait depuis longtemps ! On peut déplorer que ces livres tiennent un temps le rôle de manuels scolaires, mais les rédacteurs de ces revues et , il faut l’espérer, les professeurs qui les fréquentent, n’oublient jamais que ces livres ont pour objectif premier le plaisir de lire. Donc c’est une riche entreprise que de promouvoir dans les CDI ces excellents outils.

3- À propos de l’édition jeunesse

Aux frontières de la littérature de jeunesse,
Christian Loock

Dans l’univers de la littérature de jeunesse, la question des frontières s’est de tous temps posée. La première séparerait la littérature de jeunesse de celle qui est destinée aux adultes et qui est dite "générale". Une frontière bien difficile à dessiner, tant sont imprécises les notions de "littérature" et de "jeunesse". S’il fallait une seconde frontière, le monde des bibliothèques et de la documentation poserait celle qui distingue le livre documentaire d’une œuvre de fiction. L’une est du monde de la réalité, l’autre du monde de l’imaginaire. Chacun sait pourtant qu’un roman apprend souvent plus sur le monde qu’un documentaire, et qu’un documentaire peut aussi être menteur. Une troisième frontière pourrait faire la part entre les propos que l’on peut tenir aux enfants et ceux que l’on ne peut pas leur tenir. Il y serait évidemment question de censure. Paradoxe, c’est parfois parce qu’ils ne sont pas entendus des adultes que les écrivains s’adressent aux enfants pour dire leurs plus terribles secrets.

Le Patio : éditeur à la frontière. Entretien avec Michèle Cohen,
propos recueillis par Françoise Moulin-Boirot

Le Patio éditeur développe un concept éditorial original : des livres documentaires sur une trame fictionnelle, documents sur la vie quotidienne aux siècles passés, ouvrages de découvertes. Nous avons interrogé Michèle Cohen à propos de la collection Patrimôme.

Faire découvrir la science-fiction,
Christian Grenier

Point de vue d’une libraire du secteur jeunesse,
Isabelle Fauquembergue

Travailler dans une librairie est incontestablement une place privilégiée pour observer la production éditoriale. En effet, par le système de l’office, un libraire peut recevoir selon son secteur d’activité (librairie jeunesse, universitaire, ou générale) une grande partie de la production. Plus la librairie est grande, plus sa gamme de nouveautés sera étendue. Il est tentant alors pour les vendeurs qui l’animent de comparer cette masse éditoriale, chaque année de plus en plus importante.

Un palmarès élèves-documentalistes. Bibliographie,
Cette liste est le fruit de travail d’un groupe de documentalistes de Paris, lors d’un stage consacré à la littérature.

Conclusion,
Jacqueline Konrat

4- Ressources

Biblio express,
Rapidement, quelques titres, non exhaustifs mais qui nous ont paru essentiels, pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet.

La Charte des auteurs,
Alain Duret

Index

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-  Index alphabétique des cédéroms présentés au "banc d’essai", depuis le n° 135
-  Index des livres analysés dans le Cahier des livres en 1997
-  index alphabétique des auteurs
-  index alphabétique des titres

Coups du cœur du jury Inter CDI

Sur la base de la classification Dewey, les élèves, les documentalistes, les bibliothécaires, les professeurs, les parents, ... sont appelés à voter,
Anny Bocquet et Élisabeth Coppin-Mortreux