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Cet article est extrait de la revue Inter CDI N° 197

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La documentation un outil pour la paix. Albert Kahn, banquier philanthrope
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Claude Viry professeur documentaliste au lycée polyvalent, Saint-Dié (88)
Au plein développement de la Révolution industrielle, du milieu du XIXe siècle à la veille de la Première Guerre mondiale, correspond un puissant mouvement philanthropique. Des hommes d’affaires, parvenus au faîte de leur succès professionnel, devenus – comme on le disait à cette époque – les « rois » de leur spécialité industrielle, mais préoccupés sans doute par la question de l’argent et de son utilité sociale, envisageaient de consacrer une part considérable de leur fortune au service de l’humanité (voir tableau 1, p. 89). L’un de ces richissimes philanthropes, Albert Kahn, a Å“uvré en faveur d’une quantité de fondations, en collaboration étroite avec l’université de Paris, dans les domaines de la formation, de la culture et de l’information sociale, économique et politique destinée aux grands décideurs de la nation. Pas seulement mécène, Kahn se distingue des autres philanthropes par son idéal de développement de la connaissance des pays du monde contemporain, source, selon lui, d’une meilleure compréhension entre les peuples et, par là , d’une paix durable. Si l’évocation de ce personnage, au demeurant fort méconnu, est retenue dans ces colonnes, c’est aussi parce que Albert Kahn, bien qu’il n’eût jamais pratiqué une quelconque activité personnelle en matière documentaire, a néanmoins su s’entourer d’équipes de spécialistes, penseurs et chercheurs, pour lesquelles il a créé et financé des organismes d’études et de recherches publics ou privés qui ont compté dans l’histoire du développement des centres de documentation. Pour couronner le tout, l’un des aspects les plus passionnants de ses Å“uvres se rattache à son activité éditoriale qui a favorisé, par le biais de la publication de bulletins d’information, l’apparition d’un genre documentaire nouveau, la revue de presse.
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Gloire et crépuscule d’un banquier philanthrope
Les débuts d’un génie de la banque (1860-1897)
La biographie d’Albert Kahn est mieux connue aujourd’hui depuis la somme remarquable publiée par le musée qui porte son nom à Boulogne-Billancourt [1].
Abraham Kahn est né à Marmoutier (Bas-Rhin), le 3 mars 1860, de Louis Kahn, modeste marchand de bestiaux, et de son épouse Babette, dans une famille de cinq enfants. En 1873, le jeune garçon est envoyé au collège de Saverne. Entre-temps, l’Alsace est devenue partie intégrante de l’Empire allemand, en vertu du traité de Francfort de 1871.
En 1876, ayant opté pour la nationalité française, Abraham adopte le prénom Albert. Il se rend à Paris où il trouve un emploi dans la banque que deux frères, Edmond (1843-1907) et Charles Goudchaux, originaires de la partie annexée de la Lorraine, viennent de fonder en 1878. Albert suit à partir de 1879 des cours secondaires à l’Institut juif Springer et se fait aider par un répétiteur, le futur philosophe Henri Bergson qui a presque le même âge que lui. C’est le début d’une amitié durable, entretenue par une correspondance abondante [2]. Tout en continuant son activité professionnelle, Albert Kahn obtient successivement le baccalauréat ès-lettres et l’entrée en faculté de droit en 1881, le baccalauréat ès-sciences et la licence de droit en 1884. Dès cette époque, Albert Kahn a fait part, dans une lettre à son mentor Bergson, de son projet : « [...] D’ailleurs cela va assez bien en général pour ce qui concerne les affaires mais, vous le savez, ce n’est pas mon idéal aussi ne serais-je heureux, je crois, que le jour où je pourrai alterner mes occupations et je n’attends cela que de vous. [...] » [3].
Il devient fondé de pouvoir chez Goudchaux & Cie en 1888 et fait de nombreux voyages professionnels dans la plupart des pays d’Europe. Il se lance dans les spéculations boursières sur les actions des compagnies d’or et de diamant du Transvaal et c’est le début d’une fortune qui deviendra colossale. Ce succès lui permet de devenir l’associé d’Edmond Goudchaux, après le départ de son frère Charles.
Dès 1895, Albert commence à acquérir, à Boulogne-sur-Seine, des terrains bâtis dans lesquels il fera aménager progressivement des jardins (à terme, sept hectares dont quatre de jardins). En 1897, il se lie d’amitié avec le sculpteur Auguste Rodin, participe à des emprunts émis par le Japon et acquiert, à Roquebrune-Cap-Martin, un domaine qu’il fera aussi aménager en jardins (à terme, treize hectares autour de trois villas).
L’essor du projet philanthropique (1898-1929)
En 1898, c’est la consécration de l’une des plus grandes fortunes d’Europe : la banque Albert Kahn est fondée, son siège se trouvant au 102 rue de Richelieu, Paris-IIe. Cependant, c’est aussi l’occasion pour Albert Kahn de commencer à réaliser son idéal en créant les « Bourses autour du monde », attribuées à de jeunes universitaires dans le but de les aider à acquérir une connaissance concrète du monde. Sur la lancée, en 1906, se développe le « Cercle autour du monde », société destinée à favoriser les échanges entre les anciens boursiers et diverses personnalités qualifiées sur les questions d’actualité et la marche du monde.
Albert Kahn a l’occasion de faire son premier tour du monde lorsqu’il fait partie, en 1908-1909, d’une délégation d’hommes d’affaires français au Japon. C’est là qu’il décide de fixer des images de ce qu’il voit et, dans l’improvisation, fait de son chauffeur, Albert Dutertre, un opérateur de photographie. À partir de cette expérience, il envisage un projet démesuré. Il va tenter de constituer un inventaire exhaustif en images de la vie des peuples sur la Terre : les « Archives de la planète » collationnées méticuleusement, à partir de 1912, dans le « Centre de documentation : service photographique et cinématographique » au 9, quai du 4-septembre.
Ensuite, en 1916, la mise en place du « Comité national d’études sociales et politiques » (CNESP), sis à l’École normale supérieure au 45 rue d’Ulm, Paris Ve va permettre la confrontation des idées entre experts sur des sujets d’actualité et le démarrage d’une activité éditoriale dans l’« Imprimerie d’études sociales et politiques », installée à Boulogne-sur-Seine, où sont publiés quatorze bulletins d’information.
Albert Kahn publie en 1918 son unique ouvrage intitulé Des droits et des devoirs des gouvernements. Ensuite, il se trouve encore à l’origine de deux organismes originaux, en liaison avec l’Université de Paris : le « Centre de documentation sociale » (CDS), créé dans les locaux de l’École normale supérieure en 1920, vise à former les jeunes universitaires aux méthodes de la recherche scientifique en sciences sociales et économiques ; le « Laboratoire de biologie et de cinématographie scientifique » est placé, à partir de 1926, sous la direction du Dr Jean Comandon.
Enfin, pour assurer la pérennité de l’ensemble de ses fondations, Albert Kahn signe avec l’Université de Paris, en 1929, une convention qui met sur pied une « Centrale de recoordination ».
La chute irrésistible du rêve « kahnien » (1930-1940)
L’année même où le montage de fondations philanthropiques atteint son apogée, la crise mondiale, à la suite du krach de Wall Street, va toucher l’empire financier d’Albert Kahn qui connaît en 1930 son premier déficit. Dès lors, les événements se précipitent. De nombreuses activités mises en place doivent être suspendues : la publication des bulletins d’information, les campagnes de photographie et de cinématographie pour alimenter les « Archives de la planète », le CNESP, etc. Entre 1932 et 1934, Albert Kahn subit des saisies de biens. Il faut confier le sort du CDS à la Fondation Laura Spelman Rockefeller qui prend le relais du financement. Le département de la Seine rachète les Jardins en 1936 et les « Archives de la planète » en 1939. Enfin, Albert Kahn meurt le 14 novembre 1940, à Boulogne-sur-Seine occupé par les Allemands, totalement ruiné et seul.
Quel est alors le devenir de tous les documents accumulés dans le domaine d’Albert Kahn à Boulogne-sur-Seine ? On sait qu’en 1941 a lieu la fermeture du Centre de Documentation sociale de l’ENS. Une partie des fonds de ce Centre de documentation sociale est transférée à la Bibliothèque-Musée de la guerre à Vincennes. Cette Bibliothèque-Musée est devenue la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, actuellement à Nanterre (voir encadré ci-contre). Quelques parties ont été dispersées et se trouveraient soit à la Bibliothèque nationale de France, soit à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, soit encore aux Archives nationales. Enfin, une dernière partie, confisquée, dans un premier temps, par le régime nazi qui a fait transférer de nombreux biens en Allemagne, puis, dans un deuxième temps, par le régime soviétique au moment de la reconquête de l’Allemagne, se trouverait à Moscou et devrait être restituée à la France.
Une personnalité énigmatique
Albert Kahn reste un personnage méconnu, peut-être en partie en raison de son caractère réservé dans lequel se mêlent des aspects contradictoires. En effet, d’une part, sa tendance à l’introversion lui donne une apparence de timidité (amateur de photographie, il déteste être photographié lui-même) et de modestie (il a très peu exprimé par écrit ses idées, hormis dans les lettres à ses amis) ainsi qu’un goût prononcé pour la solitude (il reste toute sa vie attaché au célibat). De plus, adepte du régime végétarien, ne consommant ni alcool ni tabac, il garde l’habitude d’une vie assez austère, vu son rang social.
Pourtant, d’autre part, Albert Kahn éprouve un vif intérêt pour les relations humaines. De caractère raffiné, il sait se montrer homme du monde, recevoir des personnalités éminentes de tous les horizons et prévoir un accueil des plus prévenants à l’égard de ses visiteurs, que ce soit à Boulogne-sur-Seine ou à Roquebrune-Cap-Martin.
En fait, sous des dehors réservés, se développe chez lui une passion inébranlable. Ce qui constitue la ligne de force de sa vie, c’est une foi dans les forces de la volonté capables, par le biais d’une meilleure connaissance des mentalités et conditions de vie des autres peuples de la planète, d’aboutir à une meilleure compréhension entre les nations et d’étayer des relations internationales enfin rassérénées.
Un dernier trait de caractère va contribuer à orienter le sens de la vie d’Albert Kahn. Sa curiosité encyclopédique et son penchant à l’éclectisme le poussent à entreprendre des actions dans les domaines les plus variés, comme s’il voulait ou pouvait appréhender toutes les réalités du monde. Pari fou, certes. En tous cas, ce pari a donné lieu à des projets philanthropiques qui, pour avoir filé comme des météores, sans apparente postérité, n’en sont pas moins remarquables par leur portée historique et philosophique.
Un pari fou : l’inventaire du monde par l’image et par l’écrit
Les jardins (1895-1910)
Albert Kahn commence l’édification de son grand Å“uvre par le tracé de jardins dont la conception est assurée par l’architecte Achille Duchêne. Ces parcs illustrent en fait les styles différents répertoriés dans les traités d’architecture des jardins et obéissent à une volonté scénographique qui fait penser à l’art éclectique de la deuxième moitié du xixe siècle. On relève une tendance à provoquer une sorte de dépaysement du spectateur selon deux axes, l’un chronologique (historicisme), l’autre géographique (exotisme). C’est ainsi qu’à Boulogne-sur-Seine se succèdent un palmarium, un fruitier, une roseraie, un verger, un marais, une prairie, un jardin à la française, un jardin à l’anglaise, un jardin japonais, un jardin alpestre dit « chinois », une forêt bleue, une forêt dorée et une forêt vosgienne. Une partie de ces jardins est toujours visitable au musée Albert-Kahn à Boulogne-Billancourt (voir ci-contre). À Roquebrune-Cap-Martin s’étend un échantillonnage de jardins : africain, algérien, marocain, brésilien, mexicain, etc. Dessinés systématiquement, ces parcs si variés et codifiés seraient-ils des sortes de kaléidoscopes géants dont les différents miroirs seraient destinés, par effet de condensation et de transposition métaphorique, à capter des reflets de la diversité infinie des paysages du monde ?
Les bourses autour du Monde (1898-1930)
Dès 1898, Albert Kahn fait connaître la mise en place, en collaboration avec l’université de Paris, d’une fondation destinée à offrir la possibilité de voyages d’étude à des jeunes gens ayant terminé leur études supérieures, moyennant la rédaction d’un rapport. En fait, la fondation s’adresse d’abord seulement à des jeunes hommes, titulaires de l’agrégation depuis moins de dix ans, dans les domaines littéraires ou scientifiques. Le voyage de ces jeunes universitaires dure environ quinze mois et les frais sont supportés par l’octroi d’une « bourse Autour du monde » d’un montant conséquent (16 500 F). Le vivier des bénéficiaires est progressivement élargi aux titulaires du doctorat en droit, ès-lettres, ès-sciences, en médecine et en pharmacie, puis aux jeunes femmes dans les mêmes domaines disciplinaires. C’est le conseil de l’université de Paris, réuni à la Sorbonne, qui sélectionne les candidats sur la base de leurs dossiers et des projets personnels qu’ils peuvent soutenir oralement.
Le but de ces voyages « Autour du monde » ne consiste pas à procurer de simples occasions de faire du tourisme, mais il s’agit de permettre à de futurs enseignants de sortir du savoir livresque, d’aller à la découverte du monde de façon concrète et, au retour, de communiquer leur expérience pour l’information et la prise de conscience des milieux sociaux qu’ils vont côtoyer. Dans cette optique, les anciens boursiers publient en 1904 une synthèse de leur expérience de voyage, sous forme d’un livre, et participent à la création, en 1906, du « Cercle Autour du monde » dans lequel ils continuent à échanger leurs points de vue sur l’évolution des événements planétaires.
L’exemple de la fondation française commence même à se répandre en Europe (Grande-Bretagne, États-Unis, Allemagne, Russie) et même jusqu’au Japon lorsque la Grande Guerre va mettre un terme prématuré à ces projets d’élargissement.
Les archives de la planète (1909-1931)
Dans une période d’essor des techniques de l’image et du son, Albert Kahn souhaite profiter des moyens modernes pour fixer les aspects d’un monde en pleine transformation. C’était en grande partie une illusion consistant à croire que l’image fournie par l’action de la lumière sur une pellicule sensible donnerait forcément une transposition fidèle de la réalité. Toutefois, les « Archives de la planète » ont donné lieu à des documents photographiques d’un intérêt indéniable pour l’histoire des mentalités dans l’Entre-deux-guerres.
Albert Kahn, après une première tentative, somme toute réussie, qui s’était déroulée au Japon en 1908-1909, entreprend avec l’aide de son chauffeur une série de campagnes photographiques en vue d’une couverture systématique des pays du monde entier. En 1912, il choisit comme directeur scientifique des « Archives de la planète » l’universitaire Jean Brunhes pour qui est créée une chaire de géographie humaine au Collège de France, financée aussi par lui. Le comité scientifique comprend des personnes qualifiées dont le philosophe Henri Bergson et le géologue Emmanuel de Margerie. Parmi les opérateurs se succèdent Stéphane Passet, Lucien Le Saint et Camille Sauvageot. Au Service photographique et cinématographique de Boulogne-sur-Seine, dirigé par un chef de laboratoire, travaillent huit techniciens pour les images fixes et trois techniciens pour les images animées.
Les territoires couverts, au moment de la suspension des campagnes en 1931, concernent une cinquantaine de pays répartis sur plusieurs continents : en Europe, pays de la partie occidentale et centrale ; en Asie, la Turquie, le Proche- et Moyen-Orient, l’Iran, l’Inde, la Chine, la Mongolie, le Vietnam, le Cambodge et le Japon ; en Afrique, le Maghreb, l’Égypte et le Bénin ; en Amérique, le Canada et le Brésil.
La production totale, bien qu’inachevée, est gigantesque : 72 000 plaques autochromes, 4 000 plaques stéréoscopiques noir et blanc et 183 000 m de films 35 mm noir et blanc. En ce qui concerne ces collections, la majeure partie est consultable également au musée Albert-Kahn à Boulogne-Billancourt.
L’objectif de cette entreprise à visée encyclopédique est de collecter le maximum d’images afin de constituer une collection scientifique de référence sur les réalités du monde contemporain. Le classement des « Archives de la planète » obéit à des critères définis par Jean Brunhes dans ses travaux sur la géographie humaine et détermine quatre ensembles :
les besoins vitaux de l’homme
l’exploitation des ressources de la terre
l’économie et la société
les aspects politiques et culturels.
Ainsi, de l’échantillonnage des jardins à l’iconothèque universelle, les réalisations « kahniennes » figurent comme autant de tentatives visant à bâtir des microcosmes censés embrasser et décrypter la complexité du monde, par le biais de classifications adaptées.
Les centres de documentation sociale (1920-1941)
Au lendemain de la Grande Guerre, conscient du retard pris par la France dans le domaine des sciences économiques, politiques et sociales, Albert Kahn envisage de combler la principale lacune, relative aux sources de documentation dans ces disciplines. C’est ainsi qu’en 1920 est créé dans les locaux de l’École normale supérieure (ENS) le « Centre de documentation sociale », suivi d’un second centre à l’ENS de jeunes filles de Saint-Cloud en 1927. Ces centres servent de bibliothèques d’étude mettant à disposition de leurs usagers des livres, périodiques, publications de la Société des Nations (SDN) et du Bureau International du Travail (BIT), etc. La période étudiée s’étend de l’époque du socialisme utopique (première moitié du xixe siècle) à l’époque contemporaine. Ils sont organisés de telle sorte qu’ils puissent non seulement fournir des ouvrages pertinents et récents sur les questions sociales et économiques, mais aussi servir de séminaires d’études où les universitaires initient les étudiants à la recherche et au traitement de l’information reçue en la passant au crible des méthodes rigoureuses de la critique. Les CDS publient un guide de l’étudiant en sociologie, proposent des conférences et voyages d’étude.
Le Comité national d’études sociales et politiques (1916-1931)
Fondé en 1916 et sis également au 45 rue d’Ulm, le Comité national d’études sociales et politiques accueille ses membres, une cinquantaine, deux fois par mois, dans les locaux de la Cour de cassation. Les membres du CNESP sont choisis ou cooptés parmi les personnalités qualifiées dans tous les domaines faisant l’objet des conférences-débats de cet organisme : universités, religions, chambres de commerce et d’industrie, organisations ouvrières, etc. Son rôle est d’être un laboratoire d’idées.
Né au début de la Grande Guerre, le CNESP vise à comprendre le monde contemporain en proie alors aux déchirements les plus violents et à explorer des voies nouvelles pour trouver des solutions pacifiques aux conflits. Ses sujets de prédilection concernent essentiellement, par ordre de fréquence statistique, la vie politique et sociale française, l’économie, les relations internationales et les organisations internationales. Le but des séances consiste, en dernier ressort, à rechercher comment promouvoir l’arbitrage international pour parvenir à la paix durable.
Les travaux menés au cours des séances du CNESP conduisent à mettre au point des synthèses des propositions des divers intervenants. Ensuite ces comptes rendus sont remis à titre gratuit aux participants pour qu’ils puissent s’inspirer des solutions envisagées dans leur sphère d’activité respective. C’est de cette pratique que va naître l’activité éditoriale de la Fondation Albert-Kahn.
L’activité éditoriale et son rôle dans l’origine d’un produit documentaire
Les productions éditoriales (1916-1931)
La première activité éditoriale de l’« Imprimerie d’études sociales et politiques », sise 9 quai du 4-septembre, à Boulogne-sur-Seine, concerne donc les comptes rendus des séances du CNESP : ainsi débutent les « Fascicules », dont la série s’étend du n° 1, avril 1916, au n° 452, juillet 1931, et les « Résumés », tirés à part dérivant des précédents.
Puis, à partir de la fin de la Grande Guerre, vont suivre douze autres publications (voir tableau 2, p. 89). Au total, c’est plus de 100 000 pages d’informations qui ont été publiées, véritable mine d’or pour les chercheurs qui se sont consacrés à des travaux relatifs à l’Entre-deux-guerres sous l’angle de l’histoire ou des sciences économiques, sociales et politiques. Pour parvenir à ce résultat considérable, il a fallu un travail documentaire obstiné : dépouillement des sources, traduction, tri et classement, résumés, rédaction, etc.
Ainsi, dans l’histoire de la documentation en France, on ne peut ignorer, même si les résultats des travaux n’ont été communiqués à l’époque qu’à une élite de personnalités choisies, l’importance des activités éditoriales des Fondations Albert-Kahn dont le contenu provenait des spéculations du CNESP. Mais il s’agit à présent d’aller encore plus loin et de déceler la naissance d’un produit nouveau : la revue de presse.
La question de la revue de presse
Position du problème
En étudiant l’œuvre fondée par Albert Kahn, on constate la création de plusieurs supports de presse destinés à tenir au courant un public d’experts de l’actualité internationale en matière politique, économique et sociale. Ce sont la visite du Musée Albert-Kahn, puis la lecture des ouvrages édités par ce musée [4] qui sont susceptibles d’orienter vers la recherche d’un modèle originel de la revue de presse, en tant que produit documentaire, parmi les publications du CNESP.
Selon le Dictionnaire encyclopédique des sciences de l’information et de la communication [5], c’est un « document qui fait la synthèse de la presse sur un sujet donné ou sur différents thèmes pertinents pour les membres d’une organisation (entreprise, administration) en réunissant les différents messages ou articles qui ont été consacrés à ce sujet ou à ce thème ».
En fait, une revue de presse est un produit hybride dans la mesure où elle ressortit à la fois :
à la presse, puisque sa matière première provient de la production journalistique (dépêches des agences de presse, quotidiens et périodiques). Elle peut alors être confectionnée seulement à l’usage interne d’un service ou de la conférence de rédaction d’un journal ou d’un périodique. Elle peut l’être aussi à l’usage d’un public de lecteurs/auditeurs/téléspectateurs dans le cadre d’une rubrique de quotidien ou d’une émission radiodiffusée, télévisée ou diffusée par le canal de l’Internet. Quant à ces moyens modernes, qu’on pense aux revues de presse sur la chaîne France Culture (dans la rubrique « Matins de la Culture », notamment celle de Jean-Louis Ezine) et à la première revue de presse automatique de Google actualités, en ligne depuis 2001 (rafraîchissement par cycles de 15 min, 500 sources d’information, 4 000 publications électroniques anglophones dépouillées, classement en sept rubriques et douze versions linguistiques distinctes couvrant les grands pays industrialisés) ;
et à la documentation, en tant que produit documentaire ; sous ce dernier aspect, elle relève des documents dits secondaires lorsqu’elle est le résultat d’un travail de compte rendu établissant un panorama des réactions à l’égard de l’actualité du moment, voire des documents dits tertiaires à partir du moment où elle est constituée à partir d’un traitement plus élaboré d’analyse, de synthèse, de commentaire et/ou d’interprétation des documents primaires.
Une question se pose : à quelle date remonte la pratique de la revue de presse ? Dans le Traité de documentation [6], de Paul Otlet, paru en 1934, mention est faite de la revue de presse et des « découpures de presse » dans le chapitre coté, au moyen de l’indice de la CDU, 241.329, § e, p. 158 : « Des journaux publient des revues de la Presse dans lesquelles les articles sont cités textuellement, pour venir en aide à la presse et aussi pour leurs propres services. »
Dans le but de remonter un peu plus haut, une exploration des grands dictionnaires de la langue française fournit des éléments incertains. En effet, en parcourant le Trésor de la Langue française, en version informatisée (TLFi), on repère une mention dans le livre Bréviaire du journalisme, par Léon Daudet, en 1936 (p. 24) : « L’information n’est pas tout. Il y a le commentaire de l’information, et l’adaptation de ce commentaire à la politique générale. C’est là que Maurras devait inventer et composer une nouvelle rubrique, ignorée jusqu’à lui : la revue commentée de la presse. » Et dans l’ouvrage Les créateurs de la grande presse en France, par Jean Morienval, en 1934 (p. 59) : « Une revue de presse très soignée donne les opinions des journaux, résumant les articles au lieu de les citer. »
Si l’on consulte le Grand dictionnaire Robert, sous l’entrée « revue », il semble que l’expression « revue (de la presse) » soit attestée vers 1935. Pourtant, dans le même ouvrage, sous l’entrée « presse », § A2b, une citation de Roger Martin du Gard, dans Les Thibault, t. V, « La Sorellina », p. 1225, renvoie à la date de parution du roman, soit 1928 : « J’ai décroché la revue de la presse dans un hebdomadaire. »
La première occurrence de l’expression « revue de presse », dans la littérature spécialisée, remonte sans doute avant le milieu des années 1920, mais aucune mention plus ancienne n’a pu être attestée.
Les critères d’identification actuels de la revue de presse
Tandis qu’il semble que l’origine du dossier documentaire soit attestée dans plusieurs bibliothèques spécialisées dès le courant des années 1890, il n’est pas aisé de retrouver la trace de la première apparition de la revue de presse. Encore faut-il s’entendre sur les critères qui définissent la revue de presse, selon l’acception actuelle. Pour préciser ces points, le recours au manuel Le Métier de documentaliste [7], p. 206, permet de lister les caractéristiques suivantes :
c’est une sorte de « panorama de presse » relatif à l’actualité ;
la parution a lieu selon une périodicité régulière ;
la revue de presse comporte un sommaire ;
elle reprend les textes originaux ou fournit des extraits des textes d’articles sélectionnés ou encore en donne des résumés ou une synthèse ;
elle est organisée selon un classement par thèmes ;
elle donne le signalement des articles (titre, auteur, source, date de parution).
On peut compléter ces éléments par ce qui est indiqué dans le manuel Introduction générale aux sciences et techniques de l’information et de la documentation [8], à savoir :
le choix des articles s’effectue en fonction d’un groupe spécifique d’utilisateurs ;
la revue de presse prend souvent la forme d’un bulletin ;
la conservation se fait sous forme de collection (par livraison) ou de dossiers (par thème).
En ce qui concerne le choix des articles, Paul Otlet avait déjà envisagé cette exigence lorsqu’il écrivait, encore dans le chapitre 241.329, § f : « Il y a un service de découpure de presse dans toutes les administrations publiques et privées. Des agences de découpures de journaux se sont constituées (type : Argus de la Presse) ; moyennant payement par découpure, elles envoient au jour le jour tous les extraits de presse concernant une question ou une personne. Ces agences ont de nombreux lecteurs qui parcourent les journaux les ciseaux à la main, après s’être mis en mémoire, d’après des listes dressées et tenues à jour, tous les sujets qui intéressent les abonnés. »
Il s’agit ici de ce qu’on appelle la diffusion sélective de l’information que les documentalistes spécialisés pratiquent en se fondant sur un profil d’intérêt type, c’est-à -dire après avoir défini les desiderata communs d’un groupe d’utilisateurs.
À ce point de la recherche, il reste alors une solution pour remonter vers l’origine de la revue de presse, c’est la recherche dans les collections mêmes du CNESP, archivées à la BDIC (voir tableau 2, p. 89). L’un des deux plus anciens bulletins publiés par le CNESP, dont les numéros 1 sont parus le même jour, le 11 novembre 1918, est intitulé « L’esprit public ». Il s’agit alors de s’assurer que, à l’examen du début de la collection de ce périodique hebdomadaire L’esprit public, l’identification de la plupart des neuf caractéristiques énoncées ci-dessus sera susceptible d’être vérifiée.
Analyse descriptive de la publication « L’esprit public »
Publié de mi-novembre 1918 à septembre 1930, la collection de ce périodique portant la cote 4 P 634/D, n’est pas conservée dans son intégralité à la BDIC, mais seulement à partir du n° 157, IVe année, bulletin 1, 17 novembre 1921. Il manque donc exactement les trois premières années. L’examen a été limité aux trois premières années disponibles, soit de mi-novembre 1921 à mi-novembre 1924 (voir montage d’extraits, pl. ci-contre).
« L’esprit public » se présente sous forme de livrets de format in-quarto (approximativement 21 x 27 cm), de 16 pages au début (année 1921-22), puis de 32 pages (année 1922-23). Il s’agit de textes uniquement, sans illustration ni figure : c’est une publication à forme assez austère, s’adressant à un public choisi d’intellectuels et de décideurs politiques. En 1921-22, en dessous du titre « L’esprit public » figurent les noms des rapporteurs : pour la France, Georges Guy-Grand et Alfred de Tarde et pour l’étranger, Claudius Maître et Désiré Roustan. Les signatures sont ventilées à l’intérieur des différentes rubriques par la suite.
Le sommaire présente, en 1921-22, deux parties : la France, par thèmes de l’actualité et l’étranger, subdivision par pays, puis par thèmes de l’actualité. À partir de 1923-24, la France est regroupée avec l’ensemble de l’actualité internationale. Plus tard, les rubriques France et Étranger sont fusionnées (n° 261, VIe année, bull. 1, 17 novembre 1923).
Les informations sont livrées dans un esprit d’objectivité, autant que faire se peut, avec une distinction, souvent assez nette dans les premiers numéros, entre l’exposition des faits bruts et la synthèse des réactions des grands titres de la presse internationale de toutes les tendances politiques (par exemple, en France, L’Action française, Les Débats, Le Figaro, Le Temps et L’Humanité, etc. ; en Grande-Bretagne, The Times, The Morning Post, The Daily Telegraph, etc. ; en Allemagne, Deutsche Tageszeitung, Kölner Tageblatt, Lokal Anzeiger, etc.). Très vite, il apparut aux concepteurs que le simple exposé des grands titres devait apparaître suffisamment éloquent en soi, sans qu’il soit besoin de commentaires redondants.
Après chaque citation, transcrite entre guillemets, les sources sont référencées : noms des agences de presse, journaux ou brochures, en italiques, dates de publication sous la forme jour-mois ou numéro de série, entre parenthèses.
Deux innovations de taille ont été progressivement introduites : le périodique mentionne les principales « Manchettes de journaux » dans la langue originale, en italiques, suivies de la traduction en français, entre parenthèses. De plus, des extraits de discours de personnalités politiques sont livrés en caractères plus petits que le reste du texte. Ce type de citation aboutit, en fin de sommaire, à une nouvelle rubrique séparée sous l’intitulé « Tableau des arguments, affirmations », à partir de l’année 1923-24 (n° 261, VIe année, bull. 1, 17 novembre 1923). Par la suite, les deux éléments susdits, « Tableau des arguments, affirmations » et « Manchettes de journaux », figurent en tête du sommaire à partir de 1924 (n° 270, VIe année, bull. 10, 19 janvier 1924). Finalement ces deux parties deviennent autonomes à partir de la VIIe année et constituent la matière d’un nouveau bulletin baptisé « Les Réalités », réalisé d’abord en version hebdomadaire, dont le n° 1 paraît le 11 novembre 1924, et relayé un peu plus tard par « Les Réalités » en version quotidienne.
Par la suite, le projet de revue de presse, réalisé essentiellement à partir de manchettes de journaux, a été repris par le CNESP dans les bulletins intitulés « La Journée planétaire », publiés en deux versions, l’une quotidienne, l’autre bimensuelle à partir de novembre 1927.
Piste de recherche pour l’histoire d’un produit documentaire
Ainsi, telle qu’elle se présente, la collection L’esprit public semble bien correspondre, en tous points, aux critères souhaitables permettant la qualification de revue de presse, dans l’acception actuelle de l’expression, tels qu’ils sont exposés ci-dessus. Soit, cette production n’est pas intitulée formellement « revue de presse », mais le concept de revue de presse s’impose. Par conséquent, en dépit de l’absence des trois premières années de la publication examinée, nous émettons l’hypothèse suivante, jusqu’à plus ample informé. Au CNESP, fondé sous l’égide d’Albert Kahn, aurait été créé, par le biais de sa publication L’esprit public, probablement dès mi-novembre 1918, le premier exemple de revue de presse francophone, à caractère international, qui soit connu en France, du moins dans le secteur civil. En effet, il faudrait vérifier si les ministères des Affaires étrangères, de la Guerre ou de l’Intérieur n’avaient pas déjà fait des tentatives dans la même direction, à usage interne, peut-être sous le sceau d’un classement « confidentiel ».
À ce propos, il est intéressant de remarquer la simultanéité de deux innovations datant de la Grande Guerre. En effet, les collections publiées par le CNESP à partir de la fin du conflit mondial, sont archivées à la BDIC. Or cet établissement a été fondé lui-même en 1914, au début du conflit mondial, sous le nom de « Bibliothèque-Musée de la Guerre », par un couple d’industriels, les Leblanc : conscients que la Grande Guerre introduisait l’humanité dans une nouvelle phase particulièrement dangereuse et complexe de son histoire, ses initiateurs désiraient conserver tous les matériaux documentaires qui refléteraient les multiples aspects des relations internationales. Ainsi, les deux innovations, revue de presse du CNESP et Bibliothèque-musée de la Guerre, se rejoignent en tant qu’outils pour une explication du monde nouveau en train de naître, dans la douleur d’un conflit meurtrier.
Conclusion
En dehors du domaine bancaire et financier dans lequel il excellait, Albert Kahn ne s’affichait jamais en tant que spécialiste d’une discipline quelconque à titre personnel. Pourtant, s’entourant des meilleurs représentants de leurs domaines respectifs, il a été l’inspirateur éclairé de nombreuses initiatives en matière d’information et de documentation relatives aux questions sociales, économiques et politiques. Que le lecteur permette alors cette suggestion. Humaniste facilitant les rencontres de personnalités éminentes de son temps et ayant des lumières sur beaucoup de questions, Albert Kahn ne pourrait-il pas être proposé comme un modèle, transposé au xxe siècle, de l’« honnête homme » ? Ne pouvait-on pas dire de lui que, « passablement imbu de plusieurs sciences » (N. Faret, 1630), il « ne se pique de rien » (La Rochefoucauld, 1664), s’effaçant pour passer le relais à des experts dans la réalisation du grand Å“uvre qu’il s’était proposé ?
Albert Kahn était aussi un partisan convaincu du pacifisme. On serait tenté de rétorquer, à propos de la documentation, en paraphrasant la formule d’Yves Lacoste à propos de la géographie : « La documentation, ça sert d’abord à faire la guerre », ce qui s’est souvent vérifié dans l’histoire récente. Pourtant nombre de grands initiateurs en documentation se sont évertués à montrer que la documentation pouvait avantageusement servir à faire la paix. Il en est ainsi dans l’œuvre d’Albert Kahn comme dans celles de Paul Otlet ou d’Hippolyte Sebert, ce général devenu pacifiste et espérantiste, fondateur de l’information scientifique et technique à la française, au début du xxe siècle, dont l’œuvre est évoquée dans l’ouvrage de Sylvie Fayet-Scribe [9]. Décidément, les origines de la documentation semblent bien avoir partie liée avec l’utopie pacifiste, si active du début des années 1890 à la fin des années 1920.
Enfin à la question de savoir si les projets philanthropiques ne serviraient pas de suprême alibi aux champions du capitalisme pour justifier la légitimité morale de leur entreprise de domination, d’Alfred Nobel, hier, à George Soros, aujourd’hui, on comprendra que, dans le cadre limité de cet article, on laisse le lecteur libre de se forger son opinion personnelle…
Bref historique de la BDIC
1914 : fondation, par un couple d’industriels Henri Leblanc (1873-1935) et son épouse Louise, de la Bibliothèque-Musée de la Guerre
1917 : don de l’établissement au ministère de l’Instruction publique
1925 : ouverture du Musée de la Grande Guerre dans le Pavillon de la Reine, au château de Vincennes
1934 : rattachement de l’établissement à l’université de Paris, sous la direction de Camille Bloch, inspecteur général des Archives (à qui succédera Pierre Renouvin, créateur de l’École française de l’histoire des relations internationales)
1970 : La bibliothèque, qui prend le nom de Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, quitte Vincennes pour le campus universitaire de Nanterre, tandis que le musée était devenu, entre temps, le Musée des deux Guerres mondiales
1973 : Le musée des deux Guerres mondiales est transféré à l’Hôtel national des Invalides
1982 : La bibliothèque devient un Centre d’Acquisition et de Diffusion de l’Information Scientifique et Technique (CADIST)
1987 : Le musée est rebaptisé Musée d’histoire contemporaine
Adresse actuelle :
Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine
6 allée de l’Université, BP 106, 92001 Nanterre cedex
Tél. : 01 40 97 79 00
Site : www.bdic.fr
Notes
[1] Beausoleil, Jeanne dir. ; Ory, Pascal dir. - Albert Kahn (1860-1940) : Réalités d’une utopie. - Boulogne-Billancourt : Musée départemental Albert-Kahn ; Nanterre : Conseil général des Hauts-de-Seine, 1995. - 407 p. : ill. - ISBN 2-906599-17-4. Publié à l’occasion d’une exposition qui a eu lieu du 28 novembre 1995 au 15 septembre 1996, cet ouvrage est une somme impressionnante réalisée grâce à une équipe de seize collaborateurs spécialistes d’histoire contemporaine.
[2] Cœure, Sophie éd. scientif. ; WORMS, Frédéric éd. scientif. ; Beausoleil, Jeanne préf. - Henri Bergson et Albert Kahn, correspondances. - Strasbourg : Desmaret ; Boulogne-Billancourt : Musée départemental Albert-Kahn, 2003. - 155 p. : encart photogr. h.-t. non paginé [16 p.]. -
ISBN 2-913675-11-5 (voir photogr. de la une de couverture, p. 87).
[3] CÅ“ure, Sophie. ; Worms, Frédéric, op. cit., « Lettre du 15 février 1887 à Henri Bergson », p. 16.
[4] Beausoleil, Jeanne ; Ory, Pascal, op. cit. ; Cœure, Sophie. ; Worms, Frédéric, op. cit.
[5] Lamizet, Bernard ; Silem, Ahmed. - Dictionnaire encyclopédique des sciences de l’information et de la communication. - Paris : Ellipses/Marketing, 1997. - 590 p.
[6] Otlet, Paul. - Traité de documentation : Le livre sur le livre. Théorie et pratique. - Bruxelles : Editiones Mundaneum-Palais mondial ; D. Van Keerberghen, 1934. - 452 p.
[7] Accart, Jean-Philippe ; Réthy, Marie-Pierre. - Le Métier de documentaliste. - Paris : Électre/Cercle de la Librairie, 1999. - 382 p.
[8] Guinchat, Claire ; Menou, Michel ; Blanquet, Marie-France. - Introduction générale aux sciences et techniques de l’information et de la documentation. - Paris : UNESCO, 1990. - 543 p.
[9] Fayet-Scribe, Sylvie. - Histoire de la documentation en France : Culture, science et technologie
de l’information 1895-1937. - Paris : CNRS éd., 2000. - 313 p.
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