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Cet article est extrait de la revue Inter CDI N° 223

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Gros plan sur… François Bourgeon dans le vent !
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Agnès Deyzieux, Professeur documentaliste au LP Touchard-Washington, Le Mans (72)
L’auteur des célèbres Passagers du Vent, du Cycle de Cyann, des Compagnons du Crépuscule, était invité le 13 sept. 2009 à l’Abbaye de l’Epau, au Mans, par la Bibliothèque départementale et la librairie Bulle. Une rencontre qui marque
la sortie de son dernier album, La petite fille Bois-Caïman. Rencontre d’autant plus exceptionnelle que c’est l’une des deux seules prévues en France.
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25 ans après la fin du cycle des Passagers du Vent qui comptait 5 volumes, l’auteur a donc décidé de mettre un nouveau point final à son chef-d’Å“uvre. Une conclusion en deux tomes paraît chez l’éditeur 12bis, le 3 septembre pour le premier (La petite fille Bois-Caïman) et en janvier 2010 pour le second [1].
Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que Les Passagers du vent, publiés entre 1979 et 1984, occupent une place à part et importante dans l’histoire de la bande dessinée. « Cette série a eu un succès phénoménal ! » se souvient Samuel Chauveau de la librairie Bulle. « François Bourgeon était le chef de file de la bande dessinée historique qui a connu une période faste par la suite. Ses albums ont été une sorte de déclic. Tout à coup, la BD devenait digne d’intérêt pour ceux qui la considéraient jusque-là comme un sous-genre. » (Ouest-France, 29 juillet 2009). Faisant partie de ces Å“uvres qui ont favorisé l’émergence de la bande dessinée pour adultes, cette série a aussi révélé un petit éditeur grenoblois, Jacques Glénat, qui allait par la suite prendre la place qu’on lui connaît dans le marché de la bande dessinée.
Compte rendu de la conférence
Jean-Christophe Ogier, journaliste à Radio France, animait les échanges entre François Bourgeon et l’historien Jean-Marc Masseaut, spécialiste de la traite négrière. Des temps de lecture à voix haute, assurés par Christian Brouard, comédien professionnel de la Pérenne Compagnie, offraient un regard littéraire et vivant sur l’histoire de l’esclavage (cf. références de ces extraits en fin d’article).
Situons ce XVIIIe siècle que nous fait découvrir les Passagers du vent. On a coutume d’associer ce siècle à celui des Lumières, des Philosophes, de la Révolution… Mais le XVIIIe siècle n’est pas que cela !
J.-M. Masseaut : En effet, la traite négrière, le commerce des esclaves est aussi la grande affaire de ce siècle. Et, à ce titre, la qualité historique de l’œuvre de Bourgeon est remarquable.
Faisons une rétrospective rapide de cet immense phénomène de la traite qui était loin d’être marginal. Lorsque Colomb découvre l’Amérique, il y avait déjà une traite négrière dans l’océan Indien depuis le vie siècle et ce, grâce aux conditions écologiques de cet océan. La mousson est un système de vents et de courants dominants qui changent de direction tous les six mois, le long des côtes qui vont de l’Asie vers l’Afrique et vice versa. La péninsule Arabique est une zone fréquentée par de grands marins qui ont compris qu’ils pouvaient aller de la côte orientale de l’Afrique vers la côte occidentale de l’Inde en suivant ce régime naturel des moussons. Il faut rappeler aussi que les Chinois avaient réalisé une immense expédition depuis Canton jusqu’aux côtes d’Afrique, utilisant ce même processus d’énergie écologique de l’océan Indien. Et les Européens, qui connaissaient aussi par la route du thé les richesses de l’océan Indien, n’avaient de cesse d’y parvenir mais devaient contourner l’Afrique. Et c’est en cherchant à aller vers l’océan Indien qu’ils ont découvert l’Amérique.
On savait descendre le long des côtes d’Afrique jusqu’au Cap-Vert, mais on ne savait pas en remonter car les vents étaient dominants. Ce sont les Portugais, grâce à leurs connaissances en astronomie et leur expérience, qui ont inventé la pratique de la vuelta. Cela consiste à partir au large pour aller chercher les vents qui vont vous ramener vers l’Europe. On fait le tour de l’anticyclone des Açores, mais pour partir au large, il faut avoir des notions astrologiques et la culture mathématicienne. Avant la découverte de l’Amérique, le trafic négrier se faisait pour le compte de l’Europe et en particulier pour la péninsule ibérique. Colomb connaissait cette route de la vuelta, ce qui l’a aidé pour le grand voyage…
On s’aperçoit, que ce soit dans l’océan Indien ou dans l’Atlantique, que les routes de la traite sont celles des courants marins. Le commerce triangulaire, c’est ça : on descend vers l’Afrique, on repart vers les Antilles et on revient en Europe. Ce commerce n’aurait pas pu exister de cette façon-là s’il n’y avait pas eu ces conditions écologiques !
François Bourgeon, quand avez-vous découvert cette période de l’histoire ?
D’où vous vient cet intérêt pour cette époque ?
C’est presque par hasard ! En commençant par faire une maquette de bateau qui m’avait obligé à chercher des ouvrages de batellerie navale. C’est plutôt l’envie de rêver en faisant cette maquette qui m’a poussé à créer cette série des Passagers du vent. On va y voyager depuis Brest jusque dans la mer des Caraïbes, de l’Angleterre vers Nantes, pour repartir vers l’Afrique (le Bénin), puis vers Haïti… Il fallait qu’Isa réembarque, elle ne pouvait rester sur place, sans famille et sans argent. Elle trouve un bateau de commerce et qui dit commerce…
Oui ça, c’est le parcours aventureux ! Mais le besoin de la vérité historique, vous l’avez toujours eu en vous ou vous l’avez découvert en travaillant, comme une nécessité de toucher au plus vrai de ce que vous évoquez ?
François Bourgeon : Ça a toujours été une curiosité, un jeu. Je n’ai pas la démarche d’un historien qui cherche à restituer des morceaux de notre passé et qui cherche aussi ce qui est pour moi la véritable raison de l’histoire, c’est-à -dire la philosophie qui va avec la réflexion sur notre passé et éventuellement la préparation de l’avenir. Pour moi, au début, c’était reconstituer un décor, comprendre comment les gens étaient habillés, pourquoi… On se prend très vite au jeu, on trouve des livres qui vous entraînent vers d’autres livres et d’autres encore… Et on arrive aux Passagers du vent et à la traite négrière…
J.-M. Masseaut : Pour revenir sur le XVIIIe siècle et ses symboles, 1789 est pour nous symbole de liberté, mais c’est aussi l’année record des expéditions négrières françaises et européennes. On voit même les années suivantes des navires négriers porter le nom d’Assemblée Constituante ou Sans Culotte, ou Fraternité… Il faudra attendre le milieu du xixe siècle pour que l’abolition de la traite des noirs soit promulguée…
Ces contradictions de l’histoire, François Bourgeon, vous ont-elles saisies ?
Tout récit historique ne peut être appréhendé, comme la politique actuellement, que si on prend en compte la complexité des choses. Rien n’est simple, il n’y a pas le blanc ou le noir… J’essaie de toucher le plus possible à cette complexité des choses qui se tissent, s’entremêlent sans qu’on puisse avoir de certitude souvent…
Combien d’êtres humains on été concernés par cette traite négrière ?
J.-M. Masseaut : La fourchette admise pour la traite transatlantique, pratiquée sur l’Atlantique Nord est de 12 à 15 millions de personnes. Chiffre auquel il faut rajouter – les chiffres ne pourront jamais être vraiment précis – 5 à 6 millions de personnes pour l’Atlantique Sud (sans parler de la traite orientale et intra-africaine).
Les Français ont organisé 3 500 expéditions négrières au xviiie siècle. C’était un vrai commerce inclus dans l’économie de l’Europe. Les grands ports négriers étaient Le Havre, Honfleur, Nantes, La Rochelle, Bordeaux…
On ne faisait pas des bateaux spécialement pour la traite négrière et on n’avait pas des marins « spécial négriers » ! C’était un des métiers de la marine de commerce de l’époque, le navire négrier n’était rien d’autre qu’un navire marchand. On le voit dans les Passagers du vent, c’est une frégate classique : un pont supérieur, un entrepont, peut-être deux pour les grands vaisseaux où étaient parqués les esclaves et une cale où on stockait l’eau dans les fûts. Pour 35 marins, on pouvait avoir 200 esclaves dans les cales, il fallait ravitailler tout ce monde pendant des semaines, voire des mois…
(La lecture de l’extrait n° 2, qui raconte comment des esclaves se jettent à la mer, préférant être dévorés par des requins que de continuer le terrible voyage, va orienter la discussion sur les conditions de déportation des esclaves.)
Quelles étaient les conditions des traversées ?
J.-M. Masseaut : La traversée était très difficile : « Chaque négrier est une poudrière où chaque nègre est un coup de feu. » Les protagonistes pouvaient s’entretuer et poursuivaient le voyage en ennemis. On a dénombré une révolte pour 20 expéditions nantaises, une révolte pour 15 expéditions britanniques ! Rappelez-vous le tome 5 des Passagers qui raconte ce type de mutinerie.
C’est un trajet très pénible. On fait des escales un peu partout le long de la côte, en y prenant des esclaves. Les conditions sont dures – entassement, promiscuité, manque d’hygiène – et les pertes humaines peuvent être énormes. Sur 1 500 expéditions, il n’y aura que deux traversées sans mort. Une traversée peut compter jusqu’à 200 morts… Le scorbut régnait (tous les marins étaient édentés). Dans les Passagers du Vent, on découvre qui sont ces marins de l’époque : ils vivent dans des conditions très dures. Mais ils font aussi du commerce, ils accordent une valeur marchande à des êtres humains, c’est ça l’esclavagisme. On le voit très bien dans la bande dessinée. En France, nous n’avons pas une culture esclavagiste à la différence des États-Unis. En revanche, les marins ont vécu la traite négrière. Et notre passé est fondé sur la culture négrière, ce qu’il ne faut pas occulter. En témoignent encore les plaques des rues de Nantes qui portent les noms des grands armateurs négriers (Montaudouin, par exemple) que certains aimeraient remplacer.
Quelle Afrique les Européens ont-ils découverte ?
François Bourgeon : Celle du littoral, pas celle de l’intérieur ! Et ils sont saisis d’incompréhension. Les Européens ne savaient rien. Isa arrive à Juda (actuellement Ouidah, Bénin in vol. 3, Le Comptoir de Juda), il y a trois petits forts qui ne sont rien ! Il n’y a pas de colonies en Afrique, juste quelques Européens perdus ! Ils sont là pour négocier avec les tribus guerrières environnantes et entretenir les guerres tribales. Mais ils sont morts de peur, un des gouverneurs a d’ailleurs été assassiné peu avant l’arrivée d’Isa…
Comment choisit-on les esclaves ?
François Bourgeon : On prend ce qu’il y a ! C’est la loi de l’offre et de la demande, en fonction des captifs disponibles, comme avec du bétail… Beaucoup de colons préféraient avoir de jeunes esclaves à garder longtemps, mais un esclave ne vivait pas vieux…
J.-M. Masseaut : Il mourait en général 7 ans après sa capture…
François Bourgeon : La demande européenne portait sur les hommes. Certains étaient aussi des guerriers, mais ils devenaient très vite déprimés. Il n’y avait même plus besoin de leur mettre des chaînes.
Pourquoi ce titre du Bois-Caïman ?
Le titre et le choix du scénario de ce volume ont un sens [2] ! Dans le dernier épisode, Le Bois d’ébène (1984), j’avais laissé Isa sur une plage de Saint-Domingue, à la fin d’un album racontant le trafic d’esclaves entre l’Afrique et les Amériques. Je n’avais fait à l’époque, pour des raisons de contrainte éditoriale, qu’un survol rapide de la société haïtienne, l’évocation de l’esclavage y était restée trop succincte. Saint-Domingue, surnommée la perle des Antilles, était composée de 80 à 90 % d’esclaves, c’était une petite île où se trouvaient coincés 400 000 esclaves contre 30 000 maîtres. Le système était très répressif, très dur et avec un très haut rendement… J’avais envie de raconter la vie, la révolte des esclaves ainsi que le quotidien des colons.
J’ai donc choisi de dérouler le fil de La petite Fille Bois-Caïman sur deux époques, grâce à l’artifice du flash-back. On est transporté à la fin du XVIIIe siècle à Saint-Domingue et dans les années 1860 en Louisiane, pendant la guerre de Sécession, qui est selon moi la première guerre dite moderne.
À quel rythme avez-vous réalisé ce récit qui compte 142 pages (scindées en 2 volumes) ?
Je travaille dessus depuis 2003. Il m’a fallu rassembler une solide documentation, plus de 300 ouvrages. Pendant un an, je m’y suis immergé… Cela va des romans de Mark Twain aux essais de Tocqueville, aux ouvrages de l’historien américain James McPherson, en passant par les livres sur la faune, la flore, les costumes…
Dans ce volume 6, on parle français, créole, cajun, anglais… Pour pouvoir retranscrire la langue, en particulier le cajun et le créole, j’ai lu ou écouté des chansons traditionnelles et des comptines enfantines. J’ai fait le choix d’être au plus près de ce parler et j’ai mis à la fin du volume les traductions.
En 2004, j’ai attaqué le dessin en noir et blanc, de septembre 2008 à juin 2009, la couleur, un travail long et difficile qui m’a d’ailleurs provoqué une tendinite à l’épaule…
Des projets ?
Réaliser le dernier volume du Cycle de Cyann qui sera moins dense que les précédents… Peut-être ensuite une nouvelle série historique, il y a beaucoup de sujets à traiter entre l’époque où l’on laisse Zabo et la nôtre ! Cela fait tout autant de possibilités de bandes dessinées…
Références des textes lus pendant la conférence :
Extrait no 1 : Toni Morrison. Un don. Christian Bourgois, 2009.
Extrait no 2 : Björn Larsson. Long John Silver : la relation véridique et mouvementée de ma vie et de mes aventures d’homme libre, de gentilhomme de fortune et d’ennemi de l’humanité. Grasset, 1998.
Extrait no 3 : Julius Lester. Les Larmes noires. Le Livre de poche, 2008.
Benjamin-Sigismond Frossard. La Cause des esclaves nègres et des habitants de la Guinée… ou histoire de la traite de l’esclavage. Lyon : A. de la Roche, 1789.
Pour en savoir plus sur les recherches historiques de Bourgeon, consulter Les Chantiers d’une aventure de Michel Tiébaut, paru chez Casterman en 1994.
Pour approfondir le sujet de la traite négrière :
De nombreuses fiches pédagogiques sont en ligne sur le site du musée d’Histoire de Nantes :
www.chateau-nantes.fr/fr/enseignants/dossiers_pedagogiques/bdd/theme/3
Analyse :
BOURGEON, François. - La petite fille Bois-Caïman. - Éditions 12bis, 2009. - 84 p. : ill. coul. ; 32 cm.- (Les Passagers du vent, 6).- ISBN 978-2-35648-066-8 : 14 euros.
histoire - états-unis - esclavage. Loin de reprendre le fil du récit, l’auteur nous surprend par cette grande ellipse qui nous projette dans l’Amérique de 1863 divisée par la guerre civile. Suite à la répression de ceux qui ont refusé de signer le serment d’allégeance à l’Union, Zabo Murrait, orpheline de 18 ans ruinée (son père, riche planteur confédéré, a été tué), est contrainte de quitter la résidence familiale de Nouvelle-Orléans envahie par les Nordistes. Elle décide de rejoindre son jeune frère à Lananette, où se trouve la demeure de son aïeule Mme de Marnaye, perdue dans un bayou lointain. Un voyage éprouvant à travers un pays ravagé par la guerre civile, qu’elle fera en compagnie de Quentin Coustans, un photographe français progressiste et érudit, qui l’aidera à passer les lignes des confédérés…
Râleuse, la langue bien pendue, à la fois naïve et manipulatrice, Zabo, élevée dans la culture sudiste, va rencontrer une autre femme à la solide personnalité, son arrière-grand-mère.
Toutes les deux portent le même prénom, Isabeau, mais chacune tient à son diminutif. Car cette vieille femme âgée de 98 ans, cachée sous un voile noir, est bien notre Isa, l’aventurière jeune et rebelle, pénétrée d’idées progressistes, qu’on avait quitté sur une plage de Saint-Domingue en 1782, face à un océan déchaîné, symbole d’un avenir incertain et violent. Elle reprend donc le devant de la scène pour nous livrer la suite tant attendue du Bois d’ébène, un long flash-back qui va nous conter son itinéraire mouvementé et périlleux d’Haïti vers la Louisiane, dans une époque troublée où l’esclavage reste le sujet principal.
Le récit met un certain temps à se mettre en route, peut-être cette construction un peu déséquilibrée et la densité de certains passages sont-elles perturbantes pour le lecteur ? Puis le rythme s’instaure et l’on peut éprouver un certain plaisir à retrouver l’ambiance et le ton de la série.
Le dessin délicat et sensuel de Bourgeon, mis en valeur par ce format des éditions 12bis (un peu plus grand que les anciennes éditions), rehaussé de couleurs splendides, exerce toujours son charme magique. Le souci du détail réaliste, la saveur des dialogues, la qualité de la mise en page, un souffle épique qui ont fait le renom de ce grand raconteur d’histoires qu’est Bourgeon, sont bien au rendez-vous.
Notes
[1] Suite à des démêlés juridiques avec son ancien éditeur Casterman, Bourgeon a retrouvé ses droits sur ses anciens albums. Il a confié la réédition des 5 volumes de la série ainsi que la publication de la suite aux Éditions 12bis. Les créateurs de cette récente maison d’édition, D. Burdot et L. Muller, travaillaient auparavant chez Glénat, l’éditeur historique des Passagers du vent.
[2] Note de l’auteur : Bois-Caïman est un lieu-dit, loin de toute habitation, à Saint-Domingue. La « cérémonie de Bois-Caïman », qui a eu lieu en 1791, est considérée comme l’acte fondateur qui conduira l’ancienne colonie française à l’indépendance. C’est une scène rapportée dans ce volume 6, à laquelle Isa va participer bien malgré elle et qui va bouleverser sa vie.
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