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Cet article est extrait de la revue Inter CDI N° 216

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La sortie d’une nouvelle version d’Ubuntu (octobre 2008, nom de code : Intrepid Ibex) est l’occasion de faire le point sur ce système d’exploitation gratuit particulièrement fiable, flexible et… attachant.

En France, l’Assemblée nationale en est équipée. La Gendarmerie le sera d’ici 2013. À travers le monde, ses utilisateurs sont aujourd’hui si nombreux que, dans l’esprit de beaucoup (et au grand dam de bien d’autres), les termes « Ubuntu » et « Linux » sont devenus synonymes. Pour le particulier, sa totale gratuité, sa richesse logicielle, sa prise en main agréable et sa (relative) facilité d’utilisation en font une alternative viable à Windows. En version serveur, sa stabilité et son niveau de sécurité font de plus en plus d’adeptes en milieu scolaire et en entreprise. À tout cela s’ajoute encore le dynamisme remarquable de la communauté francophone : les questions d’un ubuntero en difficulté ne restent jamais longtemps sans réponse sur le Net. Last but not least, et à l’instar de ses devanciers, le Bouquetin Intrépide (Annexe 1, « Ubuntu : le bestiaire fantastique »), apporte une touche de charme, de fraîcheur, de poésie presque sensuelle et de réelle convivialité dans un monde informatique guetté au coin du bois par la démence froide et le délire commercial.

Un charme qui doit beaucoup à son créateur. Car l’histoire d’Ubuntu, c’est d’abord celle de Mark Shuttleworth, un Sud-Africain aujourd’hui âgé de 34 ans, que l’inspiration divine (et de grosses bouffées de talent) visita au moins deux fois ; un beau jour en lui faisant imaginer et proposer le premier serveur Internet sécurisé pour les transactions commerciales sur la Toile et un autre beau jour en lui faisant revendre sa start-up pour la bagatelle de 575 millions de dollars. Une légende est née, et un nouveau chapitre ajouté au Grand Livre des Success Stories Fulgurantes. Chapitre nourri et illustré de touches pittoresques et d’anecdotes attendrissantes. On raconte ainsi que Shuttleworth, l’acte de vente de sa société à peine signé, distribua à chacun de ses 53 employés (jardinier et femmes de ménage compris) une prime de fin d’année de 180 000 euros puis prit, en 2002, le chemin du cosmos, devenant le deuxième touriste de l’espace, ce qui lui valut le surnom d’Afronaute.

En 2004, Mark Shuttleworth, qui finance déjà des projets éducatifs en Afrique et aurait donné la moitié de sa fortune à des Å“uvres de charité, crée Ubuntu. Il fonde tout d’abord la société Canonical Ltd dont l’objectif est de populariser Linux, puis, en 2005, la Ubuntu Foundation destinée à rémunérer les développeurs de la nouvelle distribution. Dix millions de dollars seront injectés dans l’aventure dès la première année. Shuttleworth, que la communauté ubuntera appelle affectueusement Mark, tient du gourou, de l’aventurier et du bon copain. Ses compétences, pourtant avérées, et sa personnalité, pour le moins… intéressante, sont parfois controversées (narcissisme, mégalomanie…), mais une bonne part du succès actuel d’Ubuntu est incontestablement lié à son charisme et à son implication. Trop selon certains, qui considèrent que l’identification du projet à son initiateur est telle qu’un retrait soudain de celui-ci (et de son argent) mettrait en péril tout l’édifice. Pour l’heure, le jeune milliardaire continue de mener la barque avec une autorité élégante et (relativement) discrète, maintient un équilibre toujours fragile et garantit la fidélité d’Ubuntu à un cahier des charges exigeant (utilisation exclusive de logiciels libres, gratuité et support). L’existence, comme la philosophie (ou l’esprit) d’Ubuntu part du constat que le monopole absolu de Microsoft sur le marché du PC freine l’innovation, interdit ou ralentit le plein et libre usage de l’informatique à une grande part de la population mondiale et « limite la capacité des développeurs à atteindre leur plein potentiel ». Ceci constitue ce que Shuttleworth appelle « le bug numéro un ». Ubuntu a été créé pour le corriger. On le voit, les ambitions sont, dès le départ, considérables (et, dans le contexte de 2004, plutôt délirantes). Le sens même du nom de la distribution (ainsi que son slogan : Linux for human beings [1]) traduit des préoccupations humanistes et des buts généreux : « Ubuntu » est un mot africain qui signifie « humanité aux autres ». Comprendre, selon la vulgate officielle (difficile à vérifier sans quelque teinture de Swahili ancien ou de haut Bantou) : « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous. » Se non e vero e ben trovato… Au rythme effréné d’une nouvelle version tous les six mois, Ubuntu n’est plus l’affaire de son seul créateur, implique des centaines de développeurs, graphistes, traducteurs, testeurs et contributeurs de toute sortes, le plus souvent bénévoles, et arrive aujourd’hui à maturité. Ce dossier propose aux Windowsiens que Linux inquiète et attire à la fois, une rapide visite guidée de cette distribution passionnante, de ses (nombreux) atouts, de ce qui la distingue et de ce qui la rapproche de Windows, mais aussi des (quelques) mauvaises surprises qu’elle réserve au néophyte pressé ou négligent. Peu de détails techniques vous seront livrés ici ; il ne s’agit pas d’un manuel, mais d’une présentation. Nous partons du principe que vous êtes prêts à effectuer la démarche du passage à Ubuntu et conscients de l’engagement (personnel et non financier, pour une fois) que cela suppose. Tout problème a sa solution sur Internet (ou c’est, selon l’adage linuxien, qu’il n’y a pas de problème). Une webographie (Annexe 3) vous est donc proposée qui, de l’installation à l’usage quotidien en passant par la personnalisation, la configuration du matériel, la gestion des logiciels, etc., vous renverra sur les liens les mieux à même de vous guider dans le maquis technique.

Ubuntu : une distribution GNU/Linux

Ubuntu est une distribution Linux. Pour l’« Ãªtre humain » normalement constitué, c’est-à-dire l’utilisateur Windows de base, cette simple phrase suinte le mystère et l’opacité. Ubuntu ? Un groupe de world music, un joueur de foot ? Distribution ? Casting ? Grande surface ? Linux ? Ah oui, ce « machin » compliqué et vaguement inquiétant que pilotent en état d’hypnose de sinistres matheux barbus et de jeunes schizophrènes pizzophages définitivement célibataires… Le niveau de familiarisation avec la terminologie Windows, acquis difficilement de surcroît pour beaucoup, est aujourd’hui tel que tout ce qui s’en éloigne, même s’il désigne la même réalité, semble aussi obscur et impénétrable qu’une langue étrangère ou un jargon savant maniant des concepts totalement abstrus. Ni Windows ni même le Mac ne sont pourtant plus « simples » ou plus « logiques » que Linux. Ils nous sont plus familiers, voilà tout. Tout n’est affaire que de culture. Et ici, de culture dominante et même monopolistique. L’effort d’apprendre la langue Linux peut rebuter, mais il est nécessaire. Pas de panique, l’essentiel est intégré en quelques jours et fera de vous un utilisateur tout à fait efficace et comblé. Les blogs, sites et forums innombrables vous y aideront. C’est un jeu (et un très amusant et profitable exercice intellectuel) auquel on se pique facilement. Vous pouvez jeter un Å“il sur « Les mots et la chose » (Annexe 2), survol d’une partie du vocabulaire linuxien et sur Webographie > Gnu/Linux (Annexe 3), mais il importe d’assimiler au minimum le concept de distribution.

Un système d’exploitation Linux, est composé d’un noyau (qui gère mémoire, processeur, périphériques, disques durs…) et d’outils logiciels appelés GNU (composants de base du système). Une distribution (distro ou distrib pour les initiés) y ajoute une batterie de programmes qui lui sont particuliers, choisis en fonction du public ciblé. Ainsi, on trouvera des distributions orientées développement, réseau, musique, éducation, généraliste… Les différences entre distributions concernent aussi l’apparence ou la gestion du système et peuvent être très profondes. Ubuntu appartient à la famille des distributions grand public (avec, notamment Mandriva et OpenSuse), ce qui ne veut pas dire light ou simplifiée, mais (qui peut le plus peut le moins) aussi facile que possible à prendre en main par un débutant. Shuttleworth insiste depuis toujours sur le fait que, dans Ubuntu, tout doit pouvoir se piloter, comme dans Windows et Mac, à la souris.

Pourquoi choisir Ubuntu ?

Qu’est-ce donc qui peut motiver un utilisateur de Windows à passer à Linux ? Les bugs, l’écran bleu de la mort à répétition, les virus et, plus généralement, les failles de sécurité ? Ce sont de bonnes raisons, mais le système de Microsoft peut aussi, moyennant quelques précautions, fonctionner de manière satisfaisante. En dehors de toute considération concernant les atouts, sujet développé plus bas ou la supériorité technique éventuelle de Linux, le cas de figure idéal est plutôt celui du changement de machine. Pourquoi ne pas recycler son ancien PC et le faire migrer vers Ubuntu au lieu de le jeter ou de le conserver en l’état, poussif et encrassé par des années d’utilisation de Windows ? Pourquoi ne pas acheter un ordinateur déjà équipé d’Ubuntu ? Il existe désormais quelques offres, notamment sur le marché du portable (Dell, HP…). Un tiers environ du prix de la machine (le montant de la licence Windows) peut être ainsi immédiatement retranché de votre budget informatique, en attendant de réaliser d’autres économies sur le parc logiciel. Deux autres motifs de franchir le pas : la curiosité et la réceptivité à une autre vision de l’informatique, plus ouverte, plus exigeante, mais aussi plus conviviale. Enfin, sachez qu’avant de prendre une décision définitive (même si en informatique, ce mot n’a guère de sens), vous disposez de trois moyens de vous faire une religion sur un PC tournant déjà sous Windows, sans altérer ou compromettre l’intégrité de votre système et de vos données.

Le live CD (ou CD amorçable)

Par ce moyen, vous avez la possibilité d’utiliser Ubuntu (et presque toutes les autres distributions Linux) sans rien installer sur votre ordinateur. Il faut commencer par là. Le système se charge en RAM (mémoire vive). Vous pouvez surfer, travailler (pensez à sauvegarder sur un périphérique externe), et surtout tester la bête, tenter toutes les folies. L’idéal est de courir le Net, se documenter (la compatibilité avec son matériel, notamment) et de mettre en pratique, en direct, sans risque. Si le charme opère, vous pourrez installer Ubuntu du CD amorçable lui-même, soit seul, soit à côté de Windows. Sachez qu’à partir d’Ubuntu (installée ou en live), vous avez accès à votre partition Windows, ce qui est fort commode, mais permet aussi – et peut-être surtout – de récupérer vos données Windows si ce dernier venait à crasher (ça arrive, dit-on).

Wubi

Mentionné ici à titre d’information, pour illustrer le dynamisme des développeurs, et parce que cette solution a pu, un temps, paraître séduisante, Wubi est un programme, présent sur le live CD ou téléchargeable, destiné à installer Ubuntu sur une partition Windows, comme un programme Windows. Vélocité et sécurité s’en trouvent affectées et, hormis la facilité d’installation/désinstallation (et encore !), l’intérêt est à peu près nul.

Le dual boot

Ubuntu peut très bien cohabiter avec Windows. L’ordinateur vous demandera au démarrage sur quel système vous désirez ouvrir une session. Chacun sur sa partition, les vaches restent bien gardées. L’installation d’Ubuntu sur une machine déjà équipée de Windows ne pose qu’un problème, celui du partitionnement préalable de votre disque dur, non que l’opération soit extraordinairement compliquée, mais elle peut se révéler assez paniquante pour un débutant. Elle nécessite, de préférence, un logiciel spécialisé (Windows ne se laisse pas couper en deux comme ça). Un logiciel de ce type (gparted), gratuit et puissant, est présent sur le CD live d’Ubuntu. Une autre solution consiste à laisser l’assistant d’Ubuntu partitionner le disque dur à votre place durant l’installation. Vous pouvez également lui indiquer « manuellement » quel espace vous désirez lui allouer (cette manipulation est à réserver à des utilisateurs avancés). Quoi qu’il en soit, ne tentez rien sans avoir consulté l’abondante documentation disponible sur Internet (voir Webographie > Installation > Partitionnement).

Se procurer Ubuntu

Ubuntu est disponible en téléchargement sous forme d’image .iso pesant environ 700 Mo. Une image .iso (sorte de dossier compressé) nécessite d’être gravée sur un CD avant de pouvoir être lue sur un PC. Une multitude de logiciels savent effectuer cette tâche, à commencer par le populaire (payant, mais souvent présent « d’usine », dans les machines Windows) Nero. Amok CD/ DVD Burning est, quant à lui, gratuit et très efficace (voir Webographie > Avant l’installation > Graver l’image .iso). Une fois votre image gravée, il faut configurer votre ordinateur pour qu’il démarre du CD (pas de panique : dans la plupart des cas, si un CD amorçable est présent dans votre lecteur, le PC démarrera dessus. Dans le cas contraire voir : Webographie > Avant l’installation > Démarrer du Live CD). Canonical propose par ailleurs un service pour le moins original : Ship it. Suivez le lien de notre Webographie > Avant l’installation > Se procurer Ubuntu > Ship it, remplissez un formulaire sur le site, et attendez. D’ici trois semaines à un mois, vous recevrez un CD d’Ubuntu prêt à l’emploi dans sa somptueuse jaquette et accompagné de magnifiques autocollants. Tout ça, gratis et sans frais de port.

Premiers pas

L’interface
Si l’on excepte l’absence totale de bleu, et l’ambiance un peu sombre toute de brun, ocre, orange et fauve qui vous accueille au démarrage, l’interface d’Ubuntu n’est guère déroutante. Et se révèle très vite bien plus ergonomique que celle de Windows. Les programmes sont accessibles via le menu « Application ». Les raccourcis (dossier personnel, poste de travail, les différents périphériques) via… « Raccourcis » et tout ce qui touche aux préférences (l’apparence, notamment) et à l’administration (ajout et suppression de programmes, partitionnement, services, réseau… Autant de « zones sensibles » auxquelles seul l’administrateur – superutilisateur ou root – a accès. Voir Annexe 2 « Les mots et la chose » > Root) du système via… « Système ». Difficile de faire plus simple. Sur le bureau, les icônes de votre Home et des périphériques « montés » (c’est-à-dire accessibles en lecture et écriture. Voir « Les mots et la chose » > Montage). La sobriété est de rigueur. Programmes, fonctions, commandes, tout est pensé pour effectuer la tâche demandée, sans faste, sans clinquant, mais avec une austère élégance et surtout une efficacité maximale. À ce stade, votre Ubuntu fonctionne déjà. Un utilisateur désireux d’effectuer des travaux de bureautique, de naviguer sur Internet, de gérer et de retoucher sa collection de photos, de chatter et, dans une moindre mesure (Voir Les programmes > Les soucis), d’écouter de la musique et de lire des vidéos, peut le faire sans autre manipulation. Quelques jeux basiques (mais dont certains sont très réussis) sont également disponibles. Ne cherchez pas de pare-feu, ni d’anti-virus-spyware, il n’y en a pas. Sans entrer dans le détail, un système UNIX (tel que Linux, donc, mais aussi Macintosh) est peu sensible aux menaces virales, d’abord de par sa faible popularité (même si la barre symbolique des 1 % d’utilisateurs a été franchie le mois dernier en France) : pirates et hackers se soucient peu d’exercer leurs talents pour si peu de publicité et de profit. D’autre part, la communauté Linux est à la fois très compétente et très réactive ; des problèmes de sécurité découverts le matin sont souvent résolus dans l’après-midi (contre plusieurs semaines, au mieux, chez Windows). Enfin, la structure du système, dont les zones sensibles sont la plupart du temps verrouillées et inaccessibles à l’utilisateur lui-même, interdit pratiquement qu’une attaque puisse endommager ses parties vitales.

Au chapitre des « curiosités » de l’interface (qui ne le resteront pas longtemps), les « Tableaux de bord » et les « Bureaux multiples ». Les tableaux de bord (ou panneaux), un en haut, un en bas, ressemblent à la barre des tâches de Windows avec qui, d’ailleurs, ils partagent les fonctions principales. Le panneau du haut rassemble les menus déjà évoqués, la date et l’heure, les raccourcis de Firefox et d’Evolution (l’Outlook maison). Il peut en accueillir d’autres, ainsi que divers éléments de type widgets comme la météo, le contrôle du volume, des Post-it, un moniteur de batterie, etc. Tout cela s’obtient par clic-droit sur le tableau de bord, puis « Ajouter un nouvel élément ». L’apparence et la position se règlent par clic-droit sur le tableau de bord, puis « Configurer le panneau ». Le panneau du bas est destiné à accueillir les fenêtres minimisées, l’icône de la corbeille et celles de vos bureaux. « Vos » ? Oui, sous Linux, vous disposez de plusieurs bureaux (à peu près autant que vous voulez. Par défaut, Ubuntu en propose deux. Cliquez-droit sur les petits carrés les symbolisant, puis « Propriétés » pour augmenter ce nombre). Dans la pratique, cela peut se traduire ainsi : cliquez sur le premier petit carré dans le panneau du bas, ouvrez Firefox, cliquez sur le deuxième petit carré, votre bureau est vide, ouvrez, par exemple Gimp (Applications > Graphisme > Gimp), revenez sur votre premier bureau, Firefox est toujours là, prêt à servir et, sur le second, Gimp attend toujours vos photos. Si vous créez plus de bureaux (six est, d’expérience, un bon compromis entre ergonomie et fouillis), chacun d’eux pourra servir à un type de tâche particulier (Bureau 1 : Internet. Bureau 2 : retouche d’images. Bureau 3 : traitement de texte. Bureau 4 : lecteur audio, etc.). Fini le pauvre écran encombré ou les vingt fenêtres minimisées dans la barre des tâches. À l’usage, les bureaux multiples se révèlent vite indispensables [2].

Autre particularité : la gestion du « couper/copier-coller ». Sous Linux, en effet, pour copier ou couper un texte, il suffit de le sélectionner et pour le coller, de cliquer-milieu (la molette de votre souris). Assez magique… Tout aussi étonnante lorsqu’on débarque de la planète Windows, la capacité de Linux à faire plusieurs choses à la fois, quinzième des « 22 trucs cools qu’on peut faire avec Linux et pas avec Windows ou Mac » recensés par Mathew Helmke [3] (voir Webographie > Témoignages et Les mots et la chose > Noyau) : « Avoir plus de quatre fenêtres de traitement de texte ouvertes, écouter de la musique, jouer avec les effets graphiques du bureau, être en contact avec une large communauté sympathique et avoir Firefox, ma messagerie instantanée et mon client de courrier électronique ouverts en même temps sans que le système se mette à tourner si lentement qu’il en deviendrait inutilisable ». Cool, en effet…

L’interface, et sa configuration, vous réservent d’autres surprises, plutôt agréables et ludiques. N’hésitez pas à tester (fonds d’écran, écrans de veille, paramétrage des thèmes, icônes, etc.) via Système > Préférences > Apparence.

Les programmes
Les atouts : Ubuntu est donc livrée avec un certain nombre de logiciels qui permettent son utilisation out of the box, c’est-à-dire immédiate après installation. Vous trouverez des applications bureautiques, de graphisme, Internet, des jeux, etc. Bref, tout ce qu’il faut pour travailler, surfer et se distraire. Voici un tableau des logiciels phares disponibles « d’usine » et leurs équivalents sous Windows, suivis d’une liste de programmes qu’Ubuntu ne propose pas par défaut, mais qu’il est loisible d’installer (voir aussi Les mots et la chose > Synaptic/Dépôts > Exemple : Installer VLC et Webographie > Compléter l’installation > Installer des programmes supplémentaires).

Tous ces logiciels sont stables, efficaces, gratuits et (à l’exception notable d’OpenOffice, dont le temps de démarrage est devenu une source inépuisable de blagues geeks [4]) légers. Leur ergonomie est parfois un rien… étonnante (Gimp), mais leur puissance, à l’usage, est redoutable (le même Gimp, dont le développement s’est accéléré et devrait, dès la prochaine version, concurrencer Photoshop dans la chaîne professionnelle). Il existe une foule d’autres applications, dont certaines très spécialisées (CAO, sciences, mathématiques, mais aussi gestion de collection de BD ou LAMP, solution de serveur complète). N’hésitez pas à fouiller dans le formidable supermarché qu’est Synaptic, d’autant que la version à venir d’Ubuntu propose une fonction de recherche ultra rapide.

Les soucis : D’accord, mais le multimédia dans tout ça ? C’est là que le bât blesse ; Ubuntu n’intègre et ne gère que des applications libres et gratuites, par philosophie, mais aussi pour des raisons légales et financières. Or le lecteur Flash d’Adobe, par exemple, qui permet entre autres de lire des vidéos et animations sur Internet, s’il est gratuit, n’est pas libre (c’est-à-dire que son code reste, pour l’instant, la propriété d’Adobe et ne peut être mis à la disposition de tous pour être modifié). Le format Mp3, on le sait peu, est soumis à un droit d’exploitation. Idem pour un certain nombre de codecs [5] vidéos courants sous Windows, mais aussi pour Java (langage de programmation qui permet de développer des applications, notamment sur Internet), propriété de Sun Microsystem, dont l’intégration directe dans Ubuntu se révélerait trop coûteuse. Le néophyte heureux possesseur d’une Ubuntu fraîchement installée se trouvera ainsi fort marri de ne pouvoir lire toute sa musique, voir toutes ses vidéos ou surfer confortablement. Si vous êtes un Pur, voire un Intégriste du Libre, pas de problèmes, Ubuntu reconnaît et lit tous les formats multimédia ouverts et libres (ogg, flac pour l’audio, ogv pour la vidéo, par exemple), au moyen de Rythmbox (un ITune-like très bien fait, mais qui ne lit pas par défaut le Mp3) et Totem (lecteur vidéo à vrai dire assez déplaisant). Pour les autres, Ubuntu vous proposera dans certains cas, au lancement d’un format non supporté, d’en installer le codec. Il arrive que cela fonctionne, mais installer soi-même les codecs et applications manquants (ce qui est tout à fait légal en France) reste la meilleure et la plus efficace des choses à faire. En attendant, une solution rapide existe : installer VLC, un lecteur qui intègre ses propres codecs et lit (presque) tous les formats audio et vidéo (voir Les mots et la chose > Synaptic/Dépôts > Installer VLC). Pour les solutions en profondeur, plusieurs pistes à suivre dans Webographie > Compléter l’installation > Mp3, Divx & co. Restez zen, la procédure, une fois assimilée, est simple, gratifiante et permet de se familiariser avec le fonctionnement et l’esprit d’Ubuntu… Autre problème, sans réelle solution cette fois : les jeux. Pour faire court, gamers enragés, passez votre chemin. Le seul point positif concerne les parents de joueurs obsessionnels : le temps que votre ado va passer à chercher les équivalents de ses jeux préférés, clones et autres forks [6], ou à les faire tourner à peu près sous Wine (voir Les mots et la chose > Wine), à configurer (ou à tenter de le faire) son matériel graphique dernier cri, il ne le passera pas à jouer.

Le matériel
Les atouts : L’aveu est douloureux, mais il serait irresponsable de prétendre que la reconnaissance et la configuration du matériel sous Ubuntu présente quelque supériorité ou avantage par rapport à Windows. Bien au contraire…

Les soucis : Il se pourrait donc que vous constatiez que votre imprimante-photos-lave-linge ou votre webcam-24 millions de pixels-panoramique ne réagissent plus et que dix des douze boutons de votre souris de compétition sont inopérants. Sous Ubuntu, et Linux en général, la reconnaissance du matériel (surtout exotique) peut ne pas être complète. C’est un réel problème et un motif fréquent de découragement. Une des causes en est que les logiciels nécessaires au bon fonctionnement des périphériques (les pilotes ou drivers) ne sont pas toujours développés en version Linux par les fabricants. Les codeurs Linux doivent donc mettre les mains dans le cambouis pour fournir des équivalences pour Ubuntu. Les astuces et les solutions abondent sur les forums, mais cette sérieuse perte de temps pourra en agacer plus d’un. Constat pénible, il semble que l’effort des équipes d’Ubuntu n’ait pas toujours porté prioritairement sur la reconnaissance automatique (le plug’n’play : on branche, ça marche) de certains périphériques de base. L’auteur de ces lignes n’aura, par exemple jamais eu la joie de voir fonctionner deux moniteurs (Dual screen ou Dual desktop) en trois clics, comme il est courant et aisé de le faire sous Windows. Ce résultat n’est obtenu qu’après de fastidieuses modifications de fichiers a la mano. Fastidieuses et dangereuses, puisqu’on touche, dans ce cas, au cÅ“ur même du serveur graphique et que Linux a les défauts de ses qualités : système on ne peut plus stable, il est impitoyable en cas de mauvaise manipulation d’un fichier sensible. L’occasion de dire et de répéter ici que la prudence est de mise dès que le capot est soulevé. Cette gestion « aléatoire » du matériel, ce peu de cas qui fut fait autrefois des aspirations légitimes à la facilité (voire à la paresse) de l’utilisateur lambda, et le retard quasi structurel qui s’est conséquemment accumulé, est un des plus gros reproches que l’on puisse faire à Ubuntu. Pour autant, le matériel classique (voire ancien) de grande marque (HP, notamment) est généralement compatible et, de version en version, sous la pression des utilisateurs non avancés à qui Ubuntu est, ne l’oublions pas, destiné, la situation s’améliore au point qu’il n’est plus extravagant d’envisager une gestion à peu près complète du plug’n’play (et, qu’on me pardonne, de mes deux écrans) dans un futur très proche. (Voir Webographie > Matériel).

L’Internet
Très sécurisé et partie intégrante du système. Vous serez surpris par la fréquence des mises à jour (update) logicielles ou de sécurité (signalées par l’apparition d’une icône dans votre tableau de bord). Même si une nouvelle version d’Ubuntu est disponible tous les six mois, la durée de vie de chaque version en ce qui concerne les mises à jour de sécurité est de 18 mois (3 ans pour les versions LTS : Long Term Support ou Support à Long Terme). Rien ne vous oblige donc à passer précipitamment à la version supérieure (upgrade) dès le jour de sa sortie. Il est même de bonne stratégie de laisser les téméraires et les Linuxiens hardcore essuyer les plâtres. L’arsenal logiciel touchant de près ou de loin Internet, pour une utilisation « classique » (navigateurs, messagerie instantanée tous protocoles, peer to peer [7]…) ou « pointue » (Apache, php, mysql, création de sites en wysiwyg [8] et texte…) est presque… effrayante. En ce qui concerne le matériel, il est en général bien reconnu. La gestion du WiFi peut s’avérer plus délicate, mais, une fois encore, la documentation selon le type de matériel est considérable. On objectera amèrement que celle-ci se trouvant sur Internet, on frôle l’ubuesque. Pas tant que ça, car les connections Ethernet sont, dans presque tous les cas, immédiatement opérationnelles, sans aucune manipulation, même via le live CD. Assurez-vous donc d’une connection filaire fonctionnelle avant de tenter de configurer votre WiFi.

Conclusion

On l’aura compris, Ubuntu est un système parfaitement fonctionnel, riche, gratuit, beau, stable et sans prise de tête pour une utilisation « normale » (bureautique, Internet, graphisme et photo amateur…) à deux conditions :
-  après avoir complété son installation (support des Mp3, Divx, Flash, Java et consorts), laisser la bête se gérer toute seule et ne jamais ouvrir La Porte Au Fond Du Couloir
-  disposer de matériel compatible.

Ubuntu est un système parfaitement fonctionnel, riche, etc., pour une utilisation avancée et professionnelle (développement, administration serveurs…) à deux conditions :
-  savoir ce que l’on fait
-  ne pas avoir de famille.

Ubuntu est une mine d’or logicielle pour les professeurs, scientifiques et dessinateurs techniques, même pour une utilisation professionnelle.

Ubuntu est un système parfaitement fonctionnel, etc., mais avec prise de tête pour les curieux, les bidouilleurs, les apprentis-sorciers, les aventuriers de l’esprit, tous ceux qui n’ont pas de connaissances particulières du monde Unix/Linux, mais veulent en savoir plus, apprendre, connaître et éprouver l’émotion sans pareille de voir fonctionner au petit jour un matériel qui n’aurait jamais dû fonctionner. Là encore, deux conditions :
-  ne pas utiliser une machine en production (ou l’ordinateur familial)
-  avoir un(e) époux(se) tolérant(e) et pas d’enfant en bas âge.

Ubuntu n’est pas :
-  Windows
-  Un système destiné aux joueurs
-  Utilisable professionnellement par les graphistes (mais ce n’est plus qu’une question de temps) et les musiciens (excellents logiciels, mais trop d’incompatibilités matérielles).

Enfin, n’oublions pas qu’Ubuntu est mis gratuitement à la disposition de la communauté, que des centaines de personnes travaillent bénévolement à ce projet dans le souci constant de fournir à tous un système d’exploitation complet et toujours plus performant, avec un panache certain et une pratique résolue de la beauté du geste. Si la critique n’est pas interdite (elle est même conseillée si elle est courtoise et constructive), on peut aussi à l’occasion manifester à cet industrieux petit monde un rien de reconnaissance et de gratitude.

Annexes :

• Annexe 1 : Le bestiaire fantastique
Une des singularités fun qui donnent à Ubuntu une dimension « affective » est son système original de numérotation des versions (année + mois : Ubuntu 6.06 est sortie en juin 2006) et surtout, leur nom de code formé d’un nom d’animal précédé d’un adjectif commençant par la même lettre, méthode OuLiPienne aux résultats réjouissants.

Ubuntu 4.10
The Warty Warthog
Le Phacochère verruqueux, 20 octobre 2004

Ubuntu 5.04
The Hoary Hedgehog
Le Hérisson vénérable, 8 avril 2005

Ubuntu 5.10
The Breezy Badger
Le Blaireau jovial, 13 octobre 2005

Ubuntu 6.06 LTS
The Dapper Drake
Le Canard pimpant, 1er juin 2006

Ubuntu 6.10
The Edgy Eft
La Salamandre énervée, 26 octobre 2006

Ubuntu 7.04
The Feisty Fawn
Le Faon courageux, 19 avril 2007

Ubuntu 7.10
The Gutsy Gibbon
Le Gibbon fougueux, 18 octobre 2007

Ubuntu 8.04 LTS
The Hardy Heron
Le Héron robuste, 24 avril 2008

Ubuntu 8.10
The Intrepid Ibbex
Le Bouquetin intrépide, 30 octobre 2008

Ubuntu 9.04
The Jaunty Jackalope
Le Jackalope* débonnaire, sortie prévue avril 2009

* Animal mythique tenant du lièvre et de l’antilope (sic).

• Annexe 2 : Goûts, saveurs, couleurs

Entre autres particularités, les systèmes d’exploitation Linux proposent différents environnements de bureau. En clair, c’est comme si vous pouviez choisir entre plusieurs Windows, tous basés sur XP, par exemple, mais dont chacun serait doté d’une interface graphique, d’une offre logicielle et d’un « Ã©tat d’esprit » différent. Cerise sur le gâteau, rien ne vous empêche d’installer et d’utiliser ces environnements distincts sur une seule machine, au gré de votre humeur et de vos besoins. Les trois bureaux Linux les plus connus sont :

Gnome
simple, sobre, ergonomique. Les logiciels gnomiens (ou gnomiques) sont pensés pour ne remplir qu’une fonction, mais le faire avec rigueur et efficacité.
Pas forcément très fun, sa limpidité en fait un environnement de travail apprécié. Gnome se prête assez facilement à un ravalement façon Mac.

KDE
plus proche du look Windows (du bleu partout), d’un premier abord plus familier, le bureau KDE est en fait, personnalisable à l’infini et se révèle être, pour qui serait tenté de soulever le capot, une véritable usine à gaz et un puissant fauteur de nuits blanches.
Un logiciel KDE est souvent conçu comme un couteau suisse. Ainsi le navigateur Konqueror assure-t-il également les fonctions de gestionnaire-visualiseur de fichiers, configurable dans les moindres détails. Les personnalisations, mêmes pointues s’effectuent via un centre de configuration touffu, mais convivial.

Xfce
proche de Gnome, mais bien moins gourmand en ressources. Sa configuration est un peu plus ardue. Idéal pour les machines essoufflées, les portables et… les bidouilleurs.

Ubuntu répercute cette richesse et se décline en trois « saveurs » principales :
Ubuntu (bureau Gnome, celui que nous utilisons et décrivons ici) ; Kubuntu (bureau KDE) ; Xubuntu (bureau Xfce) auxquelles il faut ajouter Edubuntu, prévue pour un usage scolaire et éducatif, sans parler de quelques distributions non officielles proposant des alternatives intéressantes (Enlightenment…), mais plus exotiques.
Si la customisation, voire le tuning de votre environnement de travail vous passionne, sachez que la question du look agite beaucoup la communauté ubuntu (elle est définie comme une priorité par Shuttleworth lui-même) et que les ressources abondent. Il est désormais possible d’obtenir sous Linux des effets de bureau époustouflants : 3D, transparences, animations, docks…
Certaines de ces prouesses techniques laissent les onéreuses approximations de Vista très loin derrière. Certaines sont même utiles…

• Annexe 3 : Webographie

Gnu/Linux : Général www.gnu.org/gnu/

Gnu/Linux : Debian
Linux est basée sur une autre distribution, bien plus ancienne et fort réputée : Debian. Ce qui vaut pour l’une vaut aussi, généralement, pour l’autre : www.andesi.org/index.php ?node=98 www.passeralinux.fr/

Gnu/Linux : Glossaire
http://easynux.org/forum/viewtopic.php ?id=303

Ubuntu : Général
www.framabook.org/ubuntu.html : LE lien no 1. Il vous y sera proposé de télécharger au format .pdf le livre Simple comme Ubuntu de Didier Roche, véritable bible du débutant et du windowzien migrant.
Manuel illustré de plus de 300 pages, clair, complet et souvent drôle, il constitue également, pour ceux qui le souhaiteront, une introduction idéale à un usage plus avancé de Linux et d’Ubuntu. Une version papier est disponible chez l’éditeur InLibroVeritas :
www.ilv-edition.com/librairie/simple_comme_ubuntu_804.html, au prix de 15 $.

http://doc.ubuntu-fr.org/ :
LE lien no 2. Marque-page obligatoire (dans Firefox, évidemment). Toute la documentation Ubuntu sur le site de la communauté francophone. Une mine où vous irez creuser régulièrement votre sillon et récolter vos pépites. Consultez le Forum : vos questions y trouveront souvent des réponses toute prêtes. Consultez le Planet : en provenance des blogs francophones les plus sérieux, voire éminents, vous resterez connectés à l’actualité d’Ubuntu, aux trucs et astuces les plus malins et aux infos les plus fraîches.

www.edubuntu-fr.org/ : La page de la version d’Ubuntu destinée au monde de l’éducation.

Avant l’installation :
Se procurer Ubuntu
Téléchargement : www.ubuntu-fr.org/telechargement
Ship it : https://shipit.ubuntu.com

Avant l’installation :
Graver l’image .iso
www.commentcamarche.net/faq/sujet-3942-gravure-graver-une-image-disque-iso-nrg

Avant l’installation :
Démarrer du Live CD
http://fr.wikibooks.org/wiki/Ubuntu_Configurer_le_Bios_pour_démarrer_sur_le_CD

Avant l’installation :
Partitionnement
www.breizh-ardente.fr/article/les-partitions

Avant l’installation :
Partitionnement avancé et Dual boot
www.breizh-ardente.fr/article/partitionnement-avance

Installation
http://decouvrir-ubuntu.mabulle.com/ index.php/2007/06/27/72327-installer-ubuntu
http://doc.ubuntu-fr.org/installation

Compléter l’installation :
Dépôts
www.aide-ubuntu.com/Les-depots-qu-est-ce-que-c-est

Compléter l’installation :
Mp3, Divx & co
http://doc.ubuntu-fr.org/formats_non-libres

Compléter l’installation :
Installer des logiciels supplémentaires
http://doc.ubuntu-fr.org/installation-logiciels

Matériel
http://doc.ubuntu-fr.org/materiel
www.andesi.org/materiel :materiel

Témoignages
www.gesnel.fr/ubuntu/2007/09/08/rentree-des-classes/
www.ecrans.fr/+-le-journal-d-un-novice-+.html ?page=journal
www.framablog.org/index.php/post/2008/05/15/22-trucs-cools-possibles-avec-linux-mais-pas-avec-windows-ou-mac

• Annexe 4 : Les mots et la chose

Apt
Techniquement, Apt est un machin – un gestionnaire de paquet• – qui permet, entre autres, d’installer ou de supprimer des programmes en ligne de commande•, et donc, dans un terminal•. La même chose peut se faire graphiquement en quelques clics et aucune connaissance particulière (avec Synaptic•).
Toutefois, Apt est plus rapide et, en fin de compte, bien plus commode. (Voir Ligne de commande).

Binaires/Sources
Un binaire est un programme exécutable, donc l’équivalent du .exe sous Windows. Le terme « sources » désigne l’ensemble du code d’un binaire. Sous Linux, les sources d’un binaire sont généralement mises à la disposition de tous pour modification, amélioration et, éventuellement, redistribution.

Console/Terminal
Sert à tout, mais demande un certain apprentissage. Le terminal remplit le même rôle que nombre d’applications graphiques, mais se pilote au clavier, en ligne de commande•. On peut ouvrir, copier, coller, déplacer des fichiers, des dossiers, installer, supprimer des programmes, obtenir des informations sur le système, le mettre à jour, et bien plus encore. On peut aussi, dans le cadre d’une utilisation domestique ou professionnelle « de base » (bureautique, Internet…), vivre sans. (Voir Ligne de commande).

Ligne de commande
Lorsque l’on a configuré correctement ses dépôts et que l’on a une idée précise de ce que l’on souhaite installer, il existe une méthode plus simple et plus rapide d’installer un logiciel : ouvrir un terminal (via Applications > Accessoires) et taper « sudo apt-get install nomdulogiciel ». « Sudo » signifie que vous allez passer en mode administrateur (votre mot de passe vous sera demandé), « apt-get » lance le logiciel nommé Apt et « install vlc » demande à Apt… d’installer vlc. Ce qu’il va faire vite et bien.
Il s’agit là d’un exemple de gestion des fonctionnalités du système en ligne de commandes. Tout ce qui peut se faire graphiquement (avec boutons, souris, menus…) peut aussi se piloter ainsi, de la création d’un dossier au couper/copier-coller, en passant par des opérations plus affûtées (la compilation) qui ne s’effectuent qu’ainsi et même, un comble, le traitement des images (via Imagemagick, un logiciel qui redimensionne, renomme ou convertit les graphismes de manière… non graphique) !
Il existe, évidemment (soupir…), des centaines de commandes et, comme toujours, une énorme littérature sur le sujet. Même s’il se pourrait que vous n’ayez jamais à vous servir d’un terminal, les commandes « cd » (pour changer de répertoire), « apt-get install » (pour installer un logiciel), « apt-get remove » (pour le désinstaller), « apt-get autoremove » (pour supprimer les résidus logiciels devenus inutiles) sont bonnes à connaître.

Montage Sous Linux, les disques durs, clés usb, CD-Rom doivent, en quelque sorte venir s’accrocher au système par un Velcro appelé « point de montage ». Est donc réputé « monté » un périphérique qui apparaît dans votre système de fichier, est accessible, lisible, exécutable, etc. (même s’il peut ne pas être tout cela à la fois)… Vous ne créerez peut-être jamais vous-même de point de montage, mais vous risquez fort, au hasard d’un clic droit, de rencontrer l’option « Monter (ou « Démonter ») le Volume » (ou « Périphérique ») et il est utile de savoir que cela correspond, en (très) gros, selon les cas, aux options « Ouvrir », « Exécuter » ou « Ã‰jecter » de Windows.

Noyau Le logiciel au cÅ“ur du système. Il fournit, selon Wikipedia « une interface aux logiciels pour utiliser le matériel ». Ce qui n’est pas forcément parlant. Il est, en revanche, intéressant de savoir que le noyau Linux fut développé en 1991 par Linus Torvalds (et oui, d’où son nom) et qu’il présente la particularité intéressante pour nous d’être multi-tâche, c’est-à-dire, en pratique, qu’il supporte allégrement, par exemple, l’ouverture simultanée de plusieurs logiciels sur plusieurs bureaux ou encore, plus anecdotique, mais très pratique, le défilement du contenu de la fenêtre inactive d’un programme (un navigateur Web, par exemple) sous la fenêtre active d’un autre programme (par exemple OpenOffice). Un grand confort et une fluidité très agréable découlent de cette particularité.

Paquets/Packages Un paquet est un logiciel. Plus précisément un ensemble de logiciels interdépendants. Plusieurs méthodes existent pour installer un paquet, de la plus simple, en mode graphique et assisté (le système, sur votre ordre, se charge d’installer tout le bazar pour vous, dans le bon ordre), à la plus compliquée, en construisant (voire en le modifiant) le(s) programme(s) à partir du code source (compilation). C’est, bien sûr, pour l’instant, la plus simple qui nous intéresse avec, au final, comme dans Windows, une icône, un clic, et un programme qui s’ouvre. (Voir Apt et Gestionnaires).

Synaptic/Dépôts Ubuntu est votre petite entreprise. Pour tourner rond, elle a besoin des bons outils. Ces outils sont stockés dans des entrepôts : les dépôts (repositories). Dans le monde réel, il s’agirait pour obtenir ces outils, de se rendre aux entrepôts, d’effectuer son choix et… de faire chauffer la carte bleue.
Dans le monde merveilleux d’Ubuntu, c’est un peu pareil, moins la carte bleue. Vous avez, par Synaptic, accès aux dépôts Internet qui contiennent tous les logiciels dont vous pourriez avoir besoin. La liste de ces dépôts peut être modifiée et augmentée (point important que nous ne pouvons développer ici ; voir : Webographie > Les dépôts). Nous allons légèrement contourner l’interdiction préalable que nous nous étions faite de transformer cette brève présentation en lourde documentation et vous proposer un exemple concret (et utile) d’utilisation de Synaptic et d’installation de paquets, en l’occurrence VLC (lecteur multimédia léger et polyvalent qui gère ses propres codecs et permet de lire à peu près tout les formats. Un must).

Installer VLC : Aller dans Système > Administration > Gestionnaire de paquets Synaptic. Votre mot de passe va vous être demandé. Après un bref temps de chargement, tous les logiciels, ceux installés et ceux disponibles dans les dépôts, classés par catégories vont être listés. Il y en a plusieurs milliers. Tapez « vlc » dans le champ « Recherche ». L’application va apparaître dans la liste. Cliquez-droit sur son nom, puis « Sélectionner pour installation ». Synaptic va vous proposer de télécharger plusieurs autres logiciels dont dépend le bon fonctionnement de vlc. Acceptez. Ceci fait, cliquez sur « Appliquer » (coche verte, en haut). Un nouveau message vous propose de valider les changements. Cliquez OK. C’est parti. Synaptic va, à partir des dépôts présents sur Internet, rapatrier vers votre machine le logiciel demandé et ses dépendances, puis installer le tout. Vlc apparaîtra désormais dans l’entrée Multimédia du menu Application, car Ubuntu classe automatiquement dans la catégorie appropriée les applications téléchargées depuis les dépôts.

Tux
Mascotte officielle de Linux représentant un manchot et dont le dessin est dû à Larry Ewing. Au petit jeu de la vaine polémique (le troll), très prisé de la communauté Linux, Tux remporte, si l’on ose dire, la palme. On dispute encore, dans les forums, sur la question de savoir si Tux est un pingouin, oiseau volant de l’hémisphère nord ou un manchot, oiseau non-volant de l’hémisphère sud, et sur celle, non moins brûlante, de l’origine de ce nom, d’aucuns tenant pour l’apocope de Tuxedo (smoking) et d’autres pour le rétro- acronyme de Torvalds (le créateur de Linux) et de Unix. Nul médiateur, à ce jour, n’a pu mettre d’accord ces factions irréconciliables.

Wine
Sous ce nom charmant se cache un logiciel d’une totale étrangeté pour l’utilisateur Windows. Son rôle est de faire s’exécuter sous Linux des programmes Windows. Pas tous, pas toujours très bien et rarement d’une façon agréable à l’œil. Mais enfin cela existe et cela fonctionne (Photoshop 7, par exemple, tourne de façon satisfaisante). Nous déconseillons d’autant plus fermement son utilisation aux débutants que la configuration de Wine est assez délicate, que le but d’une incursion dans le monde fantastique de Linux n’est certes pas de tenter de retrouver ses habitudes, mais bel et bien de faire l’apprentissage de nouvelles pratiques et que les applications Windows marcheront toujours mieux sous Windows.

Notes

[1] « Linux pour les êtres humains »

[2] Le changement de bureau s’effectue de manière plus rapide par le raccourci clavier Ctrl+Alt+Flèches gauche/droite.

[3] Journaliste, écrivain, webdesigner, musicien et membre de la communauté ubuntu.

[4] Terme anglais (fou, à l’origine) désignant une personne passionnée, voire obsédée, par l’informatique et ses applications.

[5] Codec : de l’anglais COdeDECode, compression/décompression, ou codage/décodage, désigne un procédé capable de compresser un signal (pour sa transmission, son cryptage, etc.), puis de le décompresser (le décoder) pour sa restitution.

[6] Expression désignant un projet logiciel dérivant de la modification du code d’un autre logiciel.

[7] Échange de fichiers par Internet, de « pair à pair ».

[8] What You See Is What You Get (ce que vous voyez est ce que vous obtenez) : sans entrer dans le code, graphiquement, comme dans un traitement de texte. Terme concernant essentiellement les outils de création Web.

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